L’Allemagne, cet éternel modèle ? En matière de compétitivité, la réponse ne fait pas de doute pour les entreprises industrielles françaises, qui voient dans notre voisin d’outre-Rhin l’exemple à suivre. 

Selon le baromètre Randstad Inhouse Services de la compétitivité, pour lequel OpinionWay a interrogé en septembre 2017 les dirigeants de 200 entreprises industrielles françaises représentatives de leur secteur, et autant en Allemagne, les industriels français plébiscitent en tout premier lieu le « système de formation », jugé très favorable à la compétitivité de leurs homologues allemands par 47 % des répondants de l’Hexagone. Suivent la « capacité d’innovation » (39 %) et le « dialogue social » (38 %). Inversement, « l’approvisionnement et le coût de l’énergie », l’élément réputé très favorable à la France qui recueille le plus grand score auprès des industriels allemands, atteint tout juste 11 %. Dans ce contexte, la moitié (48 %) des entreprises industrielles françaises se jugent moins compétitives que les entreprises industrielles allemandes – tandis qu’outre-Rhin, seulement 5 % des industriels estiment être moins compétitifs que les entreprises d’Hexagone. La recette de l’industrie allemande ? Commençons par constater que Français et Allemands ne misent pas sur les mêmes leviers. Alors que les Français estiment que leur « capacité à investir et à innover » est l’élément qui contribue le plus (58 %) à leur compétitivité, les industriels allemands soulignent quant à eux leur « capacité à recruter de la main d’œuvre qualifiée » (53 %), suivie des « relations avec les sous-traitants » (40 %). Bref, là où les Français semblent privilégier les process, les Allemands préfèrent de leur côté investir dans les ressources.

 

« Le train de réformes engagé en France poursuit un objectif précis : redresser la compétitivité du pays. Celle-ci avait commencé à se dégrader dès le début des années 2000, en particulier vis-à-vis de notre principal partenaire commercial, l’Allemagne. Comment expliquer cet écart de compétitivité, qui demeure encore aujourd’hui malgré les avancés très favorables réalisées sur la réduction du coût du travail pour les bas salaires ? Pour répondre, le baromètre Randstad Inhouse Services a fait le choix, cette année, de se pencher de part et d’autre du Rhin au chevet des entreprises industrielles, en raison de leur rôle moteur dans l’économie. Il ressort que l’Allemagne met davantage en avant ses ressources humaines dans ses leviers de compétitivité. La capacité à recruter une main d’œuvre qualifiée est ainsi le critère qui revient le plus souvent dans la bouche des industriels allemands. À la lumière de ce résultat, il est cohérent que le système de formation, en particulier l’apprentissage, constitue l’élément que les industriels français envient le plus à leurs homologues allemands », déclare François Béharel, président du groupe Randstad France. »

 

 

 

 

 

Baromètre Randstad Inhouse Services de la compétitivité industrielle France/Allemagne : les principaux résultats

 

 

COMPÉTITIVITÉ DE L’INDUSTRIE : L’ALLEMAGNE REMPORTE LE MATCH

CONSTAT

  • En France, près de la moitié des entreprises industrielles (48 %) se jugent moins compétitives que les entreprises industrielles allemandes. Elles ne sont que 7 % à se juger plus compétitives.
  • En Allemagne, seules 5 % des entreprises industrielles se jugent moins compétitives que leurs homologues françaises. Inversement, elles sont 38 % à se juger plus compétitives.

 

CE QUE LES FRANÇAIS ENVIENT AUX ALLEMANDS ET VICE VERSA

  • Les critères jugés « très favorables » à la compétitivité des industriels allemands sont le « système de formation » (47 % des Français estiment qu’il est très favorable en Allemagne comparativement à la France), la « capacité d’innovation » (39 %) et le « dialogue social » (38 %). En Allemagne, le critère réputé « très favorable » à la France qui atteint le plus grand score auprès des industriels allemands, « la capacité d’approvisionnement en énergie », ne recueille que 11 % des suffrages.
  • Plus globalement, parmi les douze critères sur lesquels les industriels des deux pays devaient se prononcer, onze sur douze sont jugés « plus favorables » à l’Allemagne auprès d’une majorité (+ 50 %) d’industriels français tandis qu’en Allemagne, aucun critère n’est jugé « plus favorable » à la France par une majorité (+ 50 %) d’industriels allemands.

 

COMPÉTITIVITÉ : DES LEVIERS DIFFÉRENTS DE PART ET D’AUTRE DU RHIN

AU GLOBAL

  • Alors que les industriels des deux côtés du Rhin s’accordent à dire que les Allemands sont les plus compétitifs, les leviers de compétitivité mobilisés dans les deux pays diffèrent : les trois critères qui contribuent le plus à la compétitivité de leur entreprise sont en France « la capacité à investir et à innover » (classé dans le Top 3 dans 58 % des réponses), « les process de production » (49 %) et « la capacité à recruter de la main d’œuvre qualifiée » (47 %).
  • En Allemagne au contraire, les trois critères les plus souvent cités sont « la capacité à recruter de la main d’œuvre qualifiée » (58 %), « les relations avec les sous-traitants » (40 %) et « la qualité des infrastructures » (28 %).

 

EN MATIÈRE DE RESSOURCES HUMAINES

  • Les trois leviers RH de la compétitivité sur lesquels les industriels français estiment avoir la marge de progression la plus importante sont la « polyvalence des salariés » (se classe dans le Top 3 dans 59 % des réponses), la « motivation et l’implication des salariés » (54 %) et la « maîtrise des coûts (masse salariale, budgets formation, etc.) » (38 %).
  • En Allemagne, les priorités RH sont différentes : les industriels outre-Rhin préfèrent investir sur la « motivation et l’implication des salariés » (51 %), la « fidélisation des salariés compétents » (49 %) et enfin leur « capacité à attirer des talents» (42 %).

 

POLITIQUE : LE REGARD DES INDUSTRIELS FRANÇAIS ET ALLEMANDS SUR LE COUPLE FRANCO-ALLEMAND

UN COUPLE MOTEUR EN EUROPE, MAIS DÉSÉQUILIBRÉ

  • 82 % des industriels allemands et presque autant en France (80 %) estiment que « les dirigeants français et allemands jouent un rôle moteur dans la construction européenne sans lesquels rien n’avance ». Ce couple est toutefois jugé déséquilibré par 57 % des industriels français – mais seulement par 46 % des industriels allemands.

 

POUR RENFORCER LE COUPLE FRANCO-ALLEMAND, LA FRANCE DOIT D’ABORD SE RÉFORMER

  • 90 % des industriels français et 70 % de leurs homologues allemands estiment que le couple franco-allemand serait plus fort si la France réformait son économie. Des proportions beaucoup plus importantes que celles enregistrées si l’Allemagne investissait davantage (opinion partagée par 54 % des industriels français et 38 % des Allemands).

 

Regard croisé sur la compétitivité : les Français jugent les industriels allemands plus compétitifs et vantent leur système de formation

 

1) Les industriels français s’estiment moins compétitifs que les Allemands

Depuis la crise de 2008-2009, les performances économiques enregistrées en France et en Allemagne ont emprunté des chemins divergents. La France a cumulé croissance atone et chômage de masse tandis que l’Allemagne a affiché une croissance dynamique qui lui a permis d’atteindre le plein-emploi. Mais plus que tout, la puissance économique de l’Allemagne se lit dans les performances de son commerce extérieur : la balance commerciale allemande affichait en 2016 un excédent de 256 milliards d’euros. La France, elle, accusait au même moment un déficit de 65 milliards d’euros. Bref, entre la France et l’Allemagne, un match déséquilibré ?

 

  • Oui, répondent les entreprises industrielles françaises, souvent plus exposées à la concurrence internationale que les entreprises des autres secteurs. Près de la moitié d’entre elles (48 %) estiment ainsi être moins compétitives que les entreprises industrielles allemandes. Une part presque aussi importante juge être autant compétitive (45 %) que les industriels allemands tandis qu’une minorité (7 %) se voit plus performante que l’Allemagne.

 

  • Outre-Rhin, le constat est l’effet-miroir de celui établi en France. Si une majorité (57 %) d’entreprises industrielles allemandes pensent n’être ni plus ni moins compétitives que leurs concurrents français, plus du tiers (38 %) jugent au contraire être plus compétitives. Quant à celles qui voient les industriels français plus performants, elles ne sont que 5 %. Conclusion : la perception qu’ont les acteurs industriels français et allemands de leur compétitivité comparée épouse les performances respectives des deux pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2) L’industrie française plébiscite le système de formation allemand

Le baromètre Randstad Inhouse Services a soumis aux industriels français une liste de 12 critères pour déterminer ceux qui, à leurs yeux, étaient plus favorables à la compétitivité des industriels en Allemagne. Les industriels allemands se sont prêté au même exercice vis-à-vis de la France. Les résultats sont peu glorieux pour l’Hexagone. Tandis qu’en France une majorité d’industriels (+ 50 %) se dégage sur onze des douze critères pour estimer qu’il est plus favorable en Allemagne, aucun critère ne recueille en Allemagne de majorité d’industriels (+ 50 %) pour estimer qu’il est plus favorable en France. En somme, quand il s’agit de favoriser la compétitivité, les industriels français envient davantage l’environnement de leurs voisins allemands que l’inverse.

Les trois critères que les industriels français estiment être « très favorables » dans les plus grandes proportions à la compétitivité des industriels allemands portent sur le « système de formation » (47 % des industriels français jugent qu’il est « très favorable » à la compétitivité des industriels allemands), la « capacité d’innovation » (39 %) et le « dialogue social » (37 %). Ces réponses désignent en creux les faiblesses de l’environnement hexagonal telles que perçues par les industriels français, mais aussi, par extension, les priorités sur lesquelles les pouvoirs publics devraient s’attarder pour combler l’écart de compétitivité entre les deux pays.

 

  • Que nous envient les industriels allemands ? Pas grand-chose, selon l’étude si ce n’est, peut-être, le coût bon marché de l’énergie. « L’approvisionnement et le coût de l’énergie» est jugé bien plus favorable en France qu’en Allemagne par 11 % des industriels allemands. Aucun autre critère n’enregistre de score supérieur… Relevons par ailleurs que la question de l’énergie semble faire consensus : côté français, il s’agit du critère que l’on estime être le moins favorable à l’Allemagne (seuls 5 % des industriels français estiment qu’il est bien plus favorable de l’autre côté du Rhin, soit le score le plus faible tous critères confondus).

 

 

 

 

 

 

 

 

3) Europe, mondialisation : les industriels allemands, plus compétitifs, ont aussi un « rapport au monde » plus enthousiaste que leurs homologues français

En France comme en Allemagne, plus de 70 % des entreprises industrielles interrogées dans l’enquête ont une activité à l’export. Cette proportion rappelle la forte exposition du secteur de l’industrie à la concurrence étrangère. Dans ce contexte, quel regard portent les industriels de part et d’autre du Rhin sur l’intégration européenne d’une part, sur la mondialisation d’autre part ? Poser la question revient à interroger le rapport au monde d’entreprises plus enclines à commercer avec l’étranger que les entreprises d’autres secteurs économiques.

 

  • Au sein de l’Union européenne (UE), le marché intérieur est un espace sans frontières au sein duquel les personnes, les marchandises, les services et les capitaux circulent en principe librement. Les règles qui le régissent sont censées faciliter et accroître les échanges, notamment commerciaux, entre États-membres. Une aubaine pour les industriels ?

 

  • Plutôt oui, répondent les industriels allemands tandis que leurs homologues français sont plus partagés. Plus du quart (27 %) des entreprises allemandes interrogées estiment ainsi que l’intégration européenne a contribué à améliorer leur compétitivité tandis que qu’ils ne sont que 16 % à porter un tel jugement en France. Une proportion inférieure d’un point à la part des entreprises françaises qui estiment que l’Europe, au contraire, a contribué à dégrader leur compétitivité (17 %). Des résultats surprenants ? Ils peuvent en tout cas s’expliquer par le fait, que depuis l’introduction de l’euro en 1999, le PIB par habitant a augmenté de 26 % en Allemagne contre 17 % en France tandis que le taux de chômage allemand a reculé de 5,3 points contre une petite baisse de 0,9 % seulement en France. Ces vingt dernières années, l’Allemagne a donc davantage tiré profit de l’intégration européenne que la France.

 

  • S’agissant de leur rapport à la mondialisation, industriels allemands et français estiment dans des proportions similaires (41 %) qu’elle les a rendus plus compétitifs en les poussant à innover. La part des industriels français qui estiment que la mondialisation a eu des effets néfastes en dégradant la compétitivité de leur entreprise est en revanche deux fois plus élevée en France (22 %) qu’en Allemagne (11 %). Ce résultat peut signaler une plus grande crispation des industriels français s’agissant des effets de la concurrence internationale sur leur activité. Il peut aussi traduire une moins grande ouverture sur le monde de la part des industriels français. À titre d’illustration, soulignons que les industriels français, interrogés dans l’étude sur leurs principaux concurrents, sont plus européocentrés dans leurs réponses que ne le sont leurs compétiteurs allemands. Ceux-ci estiment que leurs principaux concurrents sont « d’autres entreprises allemandes» (citées dans 78 % des réponses), « d’autres entreprises européennes » (57 %) et, pour compléter le podium, « des entreprises chinoises » (25 %). Les entreprises industrielles françaises ne sont perçues comme les principaux concurrents des Allemands que dans 16 % de leurs réponses. Inversement, les industriels français estiment que les « industriels allemands » sont des compétiteurs – légèrement – plus sérieux que les Chinois : les Allemands sont cités dans 37 % des réponses, contre 36 % pour les entreprises industrielles chinoises.

 

Compétitivité : des leviers différents de part et d’autre du Rhin

1) Leviers de compétitivité : les Français misent sur les process, les Allemands sur les ressources

L’affaire est entendue : les entreprises industrielles allemandes sont plus compétitives que les entreprises industrielles françaises. De part et d’autre du Rhin, les répondants s’accordent sur ce point. Alors, bien sûr, l’industrie allemande est très souvent positionnée sur des segments de marché premium, à forte valeur ajoutée, l’automobile étant l’exemple le plus emblématique. Par ailleurs, les produits allemands semblent, davantage que les produits français, correspondre à la demande mondiale. Résultat, les industriels allemands peuvent augmenter leurs prix sans que cela ait de conséquence sur la demande. Cette règle est réputée ne pas valoir dans la même mesure pour les industriels français, davantage positionnés sur des segments de milieu de gamme, et donc plus sensibles aux variations de prix. Dans ce contexte, industriels français et allemands ne semblent pas concourir avec les mêmes armes. Cela expliquerait-t-il le fait que les entreprises industrielles, de part et d’autre du Rhin, misent sur des leviers de compétitivité différents ?

 

 

  • Alors que les industriels français expliquent que leur « capacité à investir et à innover » est l’élément qui contribue le plus à leur compétitivité (donné dans le Top 3 dans 58 % des réponses et cité en première position dans 27 % d’entre elles), leurs homologues allemands mettent quant à eux en avant leur « capacité à recruter de la main d’œuvre qualifiée » (53 % d’occurrence dans le Top 3, cité en première position dans 26 % des réponses). Notons que ce critère est également bien valorisé par les industriels français, qui le classent en troisième position (47 % de fréquence dans le Top 3 ; cité en première position dans 17 % des réponses) des éléments qui contribuent le plus à leur compétitivité. En France comme en Allemagne, la main d’œuvre qualifiée joue donc un rôle crucial pour la compétitivité des industriels.

 

  • Mais exception faite du rôle de la main d’œuvre souligné dans les deux pays, les choix exprimés par les Français et les Allemands éclairent les différences de stratégies mises en œuvre par les industriels. Le deuxième élément contribuant le plus à leur compétitivité cité par les industriels français porte sur « les process de production » (49 % d’occurrence dans le Top 3 des réponses les plus fréquemment données ; cité en première position dans 26 % des réponses). « Capacité à investir et à innover » et « process de production » : il faut sans doute voir dans ces réponses la solution privilégiée par les industriels français pour monter en gamme et tenter ainsi de combler leur retard de compétitivité par rapport aux industriels allemands.

 

  • Les industriels allemands, de leur côté, mettent en avant « la qualité des infrastructures » (28 % d’occurrence dans le Top 3 et cité en première position dans 13 % des réponses) et, surtout, « les relations avec les sous-traitants » (cité dans le Top 3 dans 40 % des réponses et en première position dans 13 % d’entre elles). Ici apparaît en filigrane l’importance de l’Hinterland dans la compétitivité des entreprises industrielles allemandes : celles-ci ont délocalisé dans leur « arrière-pays », les pays de l’Est voisins en l’occurrence, une partie de leur chaîne de valeur afin de bénéficier de coûts salariaux plus faibles, les segments à plus forte valeur ajoutée de la chaîne de valeur restant quant à eux localisés en Allemagne. Mais la place cruciale accordée aux sous-traitants en Allemagne souligne également les rapports différents qu’y entretiennent donneurs d’ordre et sous-traitants : plutôt qu’une logique de rapport de force (comme en France ?), les industriels allemands sembleraient privilégier une logique partenariale, les entreprises coopérant davantage entre elles que de ce côté-ci du Rhin.

 

2) Ressources humaines et compétitivité : des priorités différentes de part et d’autre du Rhin

Le baromètre Randstad Inhouse Services s’est intéressé aux aspects de la compétitivité liés aux ressources humaines (RH). Quels sont les leviers RH de la compétitivité sur lesquels les industriels de part et d’autre du Rhin veulent investir, veulent progresser ?

Un élément réunit Français et Allemands : ils s’accordent à faire de « la motivation et l’implication des salariés » un axe de progression majeur de leur compétitivité.  Il s’agit même du premier levier RH cité par les entreprises industrielles allemandes (51 % d’occurrence dans le Top 3 et 22 % en première position). Côté français, il se classe deuxième, devancé par « la polyvalence des salariés », citée dans le Top 3 dans 59 % des réponse et en première position dans 27 % d’entre elles. Le deuxième levier RH le plus souvent cité par les industriels allemands porte lui sur « la fidélisation des salariés compétents » (49 % d’occurrence dans le Top 3) tandis que figure en troisième position « la capacité à attirer des talents » (42 % d’occurrence dans le Top 3 des réponses les plus fréquemment citées). De façon instructive, les industriels français citent quant à eux en troisième position « la maîtrise des coûts (masse salariale, budgets formation, etc.) » (38 % d’occurrence dans le Top 3 des réponses).

  • Conclusion : en matière RH, les Français mettent l’accent sur la productivité (entendue comme la volonté d’avoir des salariés polyvalents et impliqués, tout en maîtrisant les coûts salariaux) tandis que les Allemands privilégient l’acquisition et la rétention des ressources.

 

 

 

3) Face aux difficultés de recrutement, l’apprentissage est une solution davantage développée en Allemagne

Ce n’est pas une surprise : industriels français et allemands font chacun face à des difficultés de recrutement. En France, ils sont ainsi 93 % à admettre connaître des difficultés de recrutement tandis qu’ils sont 87 % en Allemagne. Peu de différences de ce côté-là donc.

Comment faire face à ces difficultés de recrutement ? De part et d’autre du Rhin, l’apprentissage joue un rôle important : plus de la moitié des industriels français (59 %) disent ainsi utiliser l’apprentissage pour « constituer un vivier de jeunes pour de futurs recrutements », une proportion inférieure de 13 points à la part des industriels allemands qui font de même (72 %).

 

  • Ces résultats témoignent de la place prépondérante de l’apprentissage dans l’accès à l’emploi des jeunes allemands. Pour rappel, l’Allemagne compte 1,4 million d’apprentis alors que la France n’en compte que 400 000. Surtout, l’apprentissage concerne 16 % des jeunes allemands âgés de 15 à 24 ans, contre 5,2 % en France. Ces différences expliquent en partie pourquoi le chômage des jeunes n’est que de 7,8 % outre-Rhin, soit une proportion trois fois plus faible qu’en France.

 

 

Le regard des industriels sur le couple franco-allemand

1) France et Allemagne : un couple moteur en Europe, mais déséquilibré

Quand le moteur franco-allemand a des ratés, c’est toute l’Europe qui patine. L’observation est partagée par les industriels de part et d’autre du Rhin et même un peu plus en Allemagne. Les dirigeants des entreprises industrielles allemandes sont en effet 82 % à juger que « les dirigeants français et allemands constituent le moteur de la construction européenne sans lesquels rien n’avance », soit une proportion supérieure de deux points à celle émise par les industriels français (82 %). En Allemagne, ils sont même 58 % à penser que cela est tout à fait le cas, contre 39 % en France. Les industriels allemands semblent donc attacher davantage d’importance à la bonne entente entre les dirigeants politiques franco-allemands que leurs homologues français.

 

  • Si l’unanimisme est de mise s’agissant su poids du couple franco-allemand en Europe, les avis divergent au moment de se prononcer sur l’équilibre du couple. Alors que moins de la moitié (46 %) des industriels allemands estiment que « le couple franco-allemand est déséquilibré », une majorité (57 %) d’industriels français estime au contraire qu’il est déséquilibré. Au bénéfice de l’Allemagne peut-on imaginer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2) L’avenir du couple franco-allemand : les réformes en France plus importantes que la relance de l’investissement en Allemagne

La construction européenne a besoin du couple franco-allemand, jugent industriels français et allemands. Mais tandis que près de la moitié des Allemands et plus de la moitié des Français le jugent déséquilibré, comment le renforcer ? La convergence de vues est de nouveau forte entre industriels français et allemands : ils estiment à l’unisson que « le couple franco-allemand serait plus puissant si la France réformait son économie ». Pareille opinion est partagée par 70 % des entreprises industrielles allemandes et 90 % des françaises – le score plus élevé des Français s’expliquant très certainement par le fait qu’ils sont les premiers concernés par les effets des réformes menées en France.

  • Qu’elles soient favorables ou non à l’idée que la France doive se réformer, il n’est pas rare que des voix s’élèvent dans le débat public hexagonal pour demander aux dirigeants politiques allemands d’investir davantage. Des demandes jugées légitimes au regard des excédents accumulés par la balance courante allemande : 278 milliards d’euros en 2016, soit 8,6 % du PIB, record mondial – un niveau par ailleurs très au-delà des recommandations de la Commission européenne, pour laquelle un résultat supérieur à 6 % est excessif et passible de sanctions… En toile de fond à cette critique à peine voilée de la politique économique menée à Berlin émerge le sentiment que l’Allemagne, à l’insolente santé économique, n’en fait pas assez pour soutenir la croissance de ses partenaires européens – en l’occurrence ceux de la zone euro. Si l’Allemagne menait une politique économique plus expansive, en investissant dans ses infrastructures vieillissantes, ou en augmentant les salaires pour soutenir la consommation de sa population, cela aurait des répercussions favorables en Europe entière, estiment ces observateurs.

 

  • Qu’en pensent les entreprises industrielles en France et en Allemagne ? Il apparaît qu’une légère majorité de dirigeants des entreprises industrielles françaises accordent du crédit à cette thèse. Ils sont 54 % à estimer que « le couple franco-allemand serait plus puissant si l’Allemagne investissait davantage ». Cette proportion est toutefois très inférieure à la part de ceux qui estiment que le couple franco-allemand serait plus puissant si la France réformait son économie (90%). Les priorités sont donc claires.

 

  • Elles le sont encore plus en Allemagne où un peu plus d’un tiers seulement (38 %) des dirigeants d’entreprises industrielles jugent que l’Allemagne doit investir davantage pour renforcer le couple franco-allemand.

 

3) La réforme du droit du travail en France : les industriels français favorables

Les entreprises industrielles françaises estiment dans leur très grande majorité qu’il revient d’abord à la France de se réformer pour renforcer le couple franco-allemand. Que pensent-ils à cet égard de la réforme du droit du travail par ordonnances décidée et mise en place par les pouvoirs publics ? Est-elle de nature à renforcer la compétitivité de leur entreprise ?

  • Pour 57 % des industriels interrogés, la réponse est oui. Un tiers d’entre eux (33 %) jugent qu’elle n’aura aucun effet sur leur compétitivité tandis que seulement 4 % pensent qu’elle contribuera à la dégrader.

 

  • Alors que la réforme par ordonnance du droit du travail englobe de nombreuses mesures, les trois plus importantes aux yeux des entreprises industrielles françaises sont « la possibilité, dans les TPE/PME, de négocier des accords d’entreprise sans présence syndicale » (citée dans le Top 3 dans 77 % des réponses) suivie par « l’élargissement des sujets négociables dans l’entreprise » (63 %) et « le plafonnement des indemnités prud’homales « (52 %).

 

Méthodologie de l’étude OpinionWay réalisée pour Randstad Inhouse Services

 

 

Profil des répondants

France       

 

 

 

Allemagne

 

 

 

À propos de Randstad Inhouse Services

Au sein du groupe Randstad France, Randstad Inhouse Services propose une solution unique : l’agence dédiée et hébergée sur les sites de ses clients. Cette solution s’adresse aux entreprises ayant des besoins en personnel importants pour des activités de production industrielle, logistique, agro-alimentaire ou de services.

Pionnier avec ce concept d’agences hébergées « Inhouse », Randstad Inhouse Services a voulu accompagner ses clients dans l’optimisation de leur production, en toute sécurité, grâce notamment à une proximité liée à la présence sur site avec l’ensemble des acteurs de l’entreprise (production, ressources humaines, collaborateurs intérimaires). En France, les 500 collaborateurs permanents délèguent 20 000 salariés intérimaires par an dans plus de 200 agences hébergées.

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