Ennui, absence de perspectives, rémunération trop faible ou encore manque de temps pour sa famille… quel cadre n’a jamais rêvé de démissionner pour se sentir plus heureux ? Pour autant, combien d’entre eux envisagent sérieusement de sauter le pas ? Assurément source de fantasmes, démissionner peut aussi susciter quelques hésitations et inquiétudes lorsqu’il s’agit de passer à l’acte. Cadremploi, en partenariat avec l’Ifop, a donc interrogé les cadres français sur leur vision de la démission, et notamment les raisons qui les pousseraient à partir…ou à rester !

 

« Les cadres – qui sont plus de 3 millions en France dans le secteur privé – évoluent sur un marché de plein emploi où les entreprises ont des difficultés à les recruter et à les fidéliser. Les cadres ont donc la chance de pouvoir envisager de quitter leur entreprise pour tenter d’être plus heureux ailleurs si cette dernière ne répond pas à leurs attentes. Mais pour les cadres ayant envie de passer à l’acte, la démission reste toujours un risque et associée à un sentiment d’échec. Pourtant, pour ceux qui ont osé franchir le cap, les impacts de la démission sont très positifs notamment sur leur vie privée » commente Julien Breuilh, Directeur des études de Cadremploi.

 

 

 

La vie professionnelle, un critère essentiel à l’épanouissement global des cadres

 

D’une manière générale, les cadres semblent heureux : ils sont en effet plus de 80% à se déclarer plutôt épanouis (39%) voire très épanouis (42%) dans leur vie quotidienne. Toutefois, derrière cet épanouissement de façade, on s’aperçoit que c’est leur vie personnelle qui leur procure le plus de satisfaction, avec une note de 7,6/10, contre 6,3/10 pour leur vie professionnelle.

 

Ils estiment pourtant à 92% que le travail est « important » sur l’échelle de leur épanouissement global, ce qui peut donc laisser entrevoir une certaine frustration…qui se ressent quand ils sont interrogés sur ce qui les satisfait le plus dans leur quotidien professionnel. Etonnamment, ils positionnent en effet la dimension humaine avant les éléments propres à leur carrière : l’ambiance au sein de leur équipe (84%) et leurs relations avec leur manager (76%) arrivent ainsi loin devant leurs perspectives professionnelles au sein de leur entreprise (59%) et leur rémunération (67%).

 

La démission : un levier de bien-être et le départ d’une nouvelle vie ?

 

Face à ce constat, il n’est pas étonnant que 6 cadres sur 10 envisagent de démissionner (62%) ; une proportion qui monte d’ailleurs à 74% chez les 18-34 ans. Les raisons qui les pousseraient à sauter le pas ? 38% citent en premier lieu leurs perspectives professionnelles, de toute évidence pas à la hauteur de leurs attentes, suivies de près par leur salaire (37%). En toute logique, ils sont donc une grande majorité à déclarer qu’ils rechercheraient en priorité un poste mieux rémunéré pour vivre mieux (55%) et plus épanouissant (50%) s’ils venaient à démissionner.

 

A ces motifs s’ajoute une autre raison plus personnelle pour un tiers de l’échantillon (34%) : l’envie de changer de vie (réalisation d’un projet ou un changement de carrière). Parmi eux, 48% envisagent même de sauter le pas avant fin 2019. Dans cette lignée, on constate d’ailleurs que la loi « Avenir professionnel » ouvrant le droit au chômage aux démissionnaires ayant un projet professionnel ou de reconversion est bien accueillie par les cadres (64%).

 

Un cap difficile à franchir…mais bénéfique pour ceux qui sautent le pas !

 

Envisagée par une grande majorité de cadres, la démission reste clairement un sujet clivant, notamment entre la nouvelle et l’ancienne génération. Alors que 36% la considèrent comme une véritable opportunité – dont 46% des 18-34 ans, 42% la perçoivent au contraire comme risquée, en particulier chez les plus de 50 ans (54%).

 

L’étude identifie en effet plusieurs freins rendant la décision difficile : l’équilibre vie personnelle – professionnelle dont ils bénéficient dans le poste actuel (39%), les contraintes financières que cela peut impliquer (34%) et évidemment le fait de ne pas avoir d’offre pour un autre poste (32%).

 

Légitimes, ces inquiétudes peuvent toutefois trouver une source d’apaisement auprès des 60% de cadres interrogés ayant déjà démissionné. Si la première fois est toujours difficile et fait naturellement naître des doutes (29%) et de l’anxiété (27%), elle procure aussi du soulagement (36%) et de l’excitation (25%). Mieux, il semblerait que tous les voyants soient ensuite au vert : 81% constatent en effet que le fait d’avoir démissionné a eu un impact positif sur leur niveau de bien-être général, 75% sur leur vie personnelle – 51% ont retrouvé du temps pour leur famille – 75% sur leur rémunération et enfin 73% sur le développement de leur carrière.

 

Méthodologie :

Enquête menée auprès d’un échantillon de 1001 cadres & dirigeants, représentatif de la population française des cadres actifs en poste.

Interviews réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 10 au 16 octobre 2018.