Depuis quelques années, de nombreux Parisiens décident de quitter la capitale pour aller s’installer en région. Quelles sont les raisons qui motivent leur départ ? Quelle est leur destination de prédilection ? Quels sacrifices sont-ils prêts à accepter ? Pour y répondre, Cadremploi présente la 6ème édition de son étude sur les villes préférées des cadres parisiens pour vivre & travailler1.

 

Bordeaux toujours plébiscitée, Toulouse monte sur le podium

 

Sans surprise, Bordeaux figure une fois encore en haut du classement des villes où les cadres parisiens souhaiteraient vivre et travailler, plébiscitée par 56% d’entre eux. Lyon et Nantes suscitent l’enthousiasme de 41% de l’échantillon, se classant deuxième ex-aequo, ce qui permet à la ville de Toulouse de grimper à la troisième place du podium (30%).

 

Si l’on s’intéresse aux facteurs expliquant ces choix, on remarque un certain héliotropisme des répondants : plus de la moitié avoue avoir envie de partir pour le climat (56%), dont 62% des répondants ayant choisi la ville de Bordeaux. De plus, 5 villes sur les 11 premières citées sont situées dans le sud de la France.

 

Le ras-le-bol de la vie parisienne : un clivage économique et générationnel

 

Le constat est là : plus d’un cadre parisien sur 2 (55%) admet ne pas se satisfaire de sa situation professionnelle en Île-de-France, qu’il vive à Paris, en banlieue ou en région. La conséquence est assez simple : plus de 8 cadres sur 10 souhaitent quitter la capitale.

 

Néanmoins il existe des différences suivant l’âge, le lieu de vie et la catégorie socio-professionnelle.

 

Parmi les critères différenciant, on note donc l’âge : la vie parisienne semble plus adaptée aux jeunes générations. En effet, 66% des moins de 25 ans sont satisfaits de leur situation, sans doute enthousiasmés par la vie culturelle parisienne et par leur début de carrière. A l’opposé, 59% des insatisfaits appartiennent à la tranche d’âge des 56-65 ans.

 

Le 2ème critère est la localisation et le temps de transport : 57% des insatisfaits vivent et travaillent en banlieue. Ils sont également 57% à regretter de passer autant de temps dans les transports surtout que les trois quarts (73%) déclarent mettre plus de trente minutes pour se rendre sur leur lieu de travail chaque jour.

 

Le dernier critère est la catégorie sociale des répondants. Si 62% des professions intermédiaires ne sont pas satisfaits de la vie parisienne, 48% des cadres supérieurs le sont.

 

Des envies d’ailleurs à court et moyen termes

 

S’il est indéniable que l’agglomération parisienne demeure un passage obligé pour de nombreux cadres dans leur vie professionnelle – 46% des répondants déclarent vivre en Île-de-France car ils y ont débuté leur carrière – leur envie d’ailleurs atteint toutefois des sommets. Ainsi, 84% des sondés envisagent plus ou moins sérieusement de changer de région, dont une majorité des 26-35 ans (88%) et des cadres supérieurs (84%).

 

Bien qu’il ne s’agisse souvent que de projets de départs, on note cependant que 70% des partants envisagent cette mobilité régionale dans les trois prochaines années. Aussi, si les termes concrets d’un éventuel déménagement ne sont pas encore fixés (les cadres sont notamment partagés sur la question immobilière), ceux qui sont prêts à partir se révèlent prudents dans leur projection. 46% pensent qu’ils déménageraient d’abord seuls le temps de leur période d’essai. Concernant les efforts qu’ils sont prêts à consentir, une majorité évoque la démission de leur poste actuel (56%), une reconversion professionnelle (48%) et même une baisse de salaire (47%) pouvant aller jusqu’à 5 000 euros sur leur salaire annuel brut (62%) !

 

Un meilleur cadre de vie, l’une des priorités des cadres

Cette volonté de départ est motivée par le souhait d’un meilleur cadre de vie. En effet, l’écrasante majorité (90%) de ces cadres candidats au départ recherche en réalité un meilleur cadre de vie hors de l’agglomération francilienne. Pour 65% d’entre eux, quitter l’Île-de-France apparaît également comme une opportunité de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle.