Au cœur de la dynamique French Tech, les PME du numérique et les startups représentent aujourd’hui un véritable levier de croissance et de compétitivité pour l’économie française. Paradoxalement, leur développement est parfois un parcours semé d’embûches, notamment en termes de financements. Dans ce contexte, Syntec Numérique, qui représente aujourd’hui 1400 PME et startups, poursuit la défense de leurs intérêts en publiant les résultats de son deuxième baromètre qui met en lumière les différentes problématiques qu’elles rencontrent1.

Un accès aux financements toujours plus difficile

Les PME du numérique se caractérisent par des besoins de financement importants, notamment en matière de R&D et dans leur développement commercial sur le marché intérieur, en tête des investissements programmés, et cités par respectivement 56 % et 59 % des entreprises. Or, 53 % d’entre elles ont eu des difficultés pour trouver et obtenir ces financements.

Au-delà des habituels stades problématiques que sont l’amorçage et le capital-développement, c’est  l’ensemble de la chaîne de financement qui est jugé sévèrement par plus d’un tiers des entreprises, dans une proportion identique à l’année passée (37 %). Leur jugement est en revanche positif quand elles sont interrogées sur les premières étapes de la croissance, avec pour interlocuteurs clés les réseaux d’incubation et les Business Angels.

Par ailleurs, le baromètre dévoile qu’au-delà du financement, le recrutement est devenu la difficulté n°1 des entreprises dans leur croissance.

 

Des relations paradoxales avec les banques

Les banques restent les premières sources de financement pour 59 % des entreprises ; 70% d’entre elles sont d’ailleurs satisfaites des relations avec leur banquier. Cependant, leurs actions sont toujours jugées sévèrement par 74 % du panel, même si une légère amélioration est perceptible (80 % en 2014). Seuls les Business Angels obtiennent un jugement majoritairement positif sur leurs actions (60 %) en augmentation de 16 points par rapport à 2014.

Cette situation est due aux difficultés réelles des PME du numérique à obtenir des ressources appropriées. Cependant, des nuances sont perceptibles en fonction de l’état de santé de la société : l’entreprise en croissance bénéficie d’un accès aux financements sans précédent en termes de coût et de volume, alors que les entreprises éprouvées par la crise sont doublement pénalisées (risque de crédit…).

 

Une perception plus positive de l’action du gouvernement…un effet French Tech ?

Les PME et startups du numérique saluent le volontarisme gouvernemental et cette volonté de simplification, comme la  création de Bpifrance, qui s’installe dans le paysage. Cependant, les dispositifs restent difficiles d’accès (49 %, comme en 2014). Sur les montants alloués, une amélioration nette est constatée même si seulement 43 % les jugent satisfaisants (contre 37 % en 2014).

La perception des actions des pouvoirs publics s’est notablement améliorée. Si 59 % du panel jugeait que les intérêts des PME n’étaient pas défendus de façon satisfaisante en 2014, ce chiffre tombe à 40 % cette année. Cette tendance est également constatée pour les startups : un autre effet positif de la campagne et du mouvement de la French Tech.

« Les besoins de financements sont particulièrement prégnants pour les entreprises du numérique du fait des coûts inhérents à la R&D et à la nécessaire conquête rapide des marchés, intérieurs et internationaux. Les résultats de notre enquête restent mitigés, avec des déceptions mais aussi de belles performances. A l’aune des échéances électorales de l’année à venir, nous souhaitons que l’ensemble des parties prenantes, en tout premier lieu pouvoirs publics et banques, renouvellent leurs engagements à créer un environnement propice à la croissance de nos PME et de nos startups. Nous resterons vigilants à leurs concrétisations », conclut Véronique Torner, Présidente de la commission PME de Syntec Numérique.

1 Méthodologie

Enquête réalisée auprès des adhérents de Syntec Numérique et membres d’entités partenaires par mailing du 15 février au 13 mars 2016.

Echantillon de 103 entreprises du numérique (35 % comptent moins de 10 salariés, 38 % entre 10 et 49 salariés et 27 % entre 50 et 249 salariés).

Méthodologie complète incluse dans le rapport détaillé du baromètre sur demande.