Derrière les mutations à l’œuvre à l’échelon planétaire, les multinationales privilégient la mobilité des effectifs pour faciliter la progression de carrière de leurs salariés et garantir leur compétitivité mondiale.

 

Selon la 23ème enquête sur le coût de la vie produite chaque année par Mercer, les villes africaines, asiatiques et européennes dominent la liste des destinations d’expatriation professionnelle les plus onéreuses. En France, Paris gagne 18 places en passant de 44ème place en 2016 à la 62ème place cette année ; Lyon, seconde ville française présente dans le classement, passe de la 132ème à la 137ème. Une bonne nouvelle pour ces deux villes françaises devenues moins chères pour les expatriés.                             

Dans un monde en constant changement, la mobilité est devenue une composante incontournable de la stratégie globale de gestion des talents déployée par les organisations multinationales. Pour accompagner le nombre croissant d’expatriés internationaux prenant le chemin de destinations elles-mêmes de plus en plus variées, les organisations accordent beaucoup d’attention à l’évaluation des missions sous l’angle culturel, à la préparation aux déplacements régionaux et latéraux, et à l’évolution des approches de rémunération dans le souci de sauvegarder leur compétitivité. Confrontées à ces multiples défis, elles ne ménagent pas leurs efforts pour répondre aux besoins de leur personnel et accompagner leurs salariés au cours de leur carrière. D’après l’Étude mondiale des tendances de la gestion de talents 2017 de Mercer, l’obtention d’une rémunération à la fois juste et concurrentielle et l’existence de perspectives d’avancement constituent les deux premières priorités des salariés pour l’année, ce qui, compte tenu du climat ambiant, doublement marqué par l’incertitude et le changement, n’a rien de surprenant.

Résultat, les organisations multinationales évaluent avec prudence le coût des packages proposés à leurs expatriés internationaux. La 23ème enquête sur le coût de la vie menée par Mercer indique que des facteurs tels que l’instabilité du marché immobilier et l’inflation des biens et services contribuent au coût global des affaires dans l’environnement mondialisé d’aujourd’hui.

« La mondialisation du marché est une réalité bien ancrée, comme le montre l’implantation de nombreuses entreprises en de multiples régions du globe et la promotion des missions à l’international visant à améliorer l’expérience des futurs dirigeants », fait observer Ilya Bonic, Associé senior et Président de la ligne de métiers Gestion des talents chez Mercer. « Il existe de nombreux avantages personnels et organisationnels à envoyer des salariés à l’étranger, pour des missions de court comme de long terme : l’évolution professionnelle par l’acquisition d’une expérience internationale, la création et le transfert de compétences, ou encore la réaffectation des ressources ».

L’enquête sur le coût de la vie réalisée par Mercer en 2017 place surtout des métropoles asiatiques et européennes, plus précisément Hong Kong (2e), Tokyo (3e), Zurich (4e) et Singapour (5e), au sommet de la liste des villes revenant le plus cher aux expatriés. Coût des biens et de la sécurité oblige, la ville la plus coûteuse est Luanda (1ère), capitale de l’Angola. Les autres métropoles complétant le top 10 des destinations les plus onéreuses pour les expatriés sont Séoul (6e), Genève (7e), Shanghai (8e), New York (9e) et Berne (10e). À l’autre extrémité du classement, les plus accessibles sont, selon l’enquête de Mercer, Tunis (209e), Bichkek (208e) et Skopje (206e).

L’enquête Mercer, l’une des plus complètes à être publiées dans le monde, se donne pour objectif d’aider entreprises multinationales et gouvernements à déterminer les indemnités à verser à leurs employés expatriés. L’ensemble des résultats est comparé à ceux obtenus pour New York, choisie pour référence dans l’étude. Les mouvements de devises sont exprimés en dollars américains. Portant sur plus de 400 villes des cinq continents, l’enquête compare les coûts de plus de 200 éléments de chacune d’elles, répartis en grandes catégories (logement, transports, nourriture, vêtements, articles ménagers et divertissement).

 « Bien qu’historiquement, la mobilité, la gestion des talents et les récompenses soient gérées indépendamment les unes des autres, les organisations adoptent désormais une approche plus holistique pour perfectionner leurs stratégies de mobilité. La rémunération joue un rôle important dans la compétitivité, et doit être déterminée de façon adéquate à partir du coût de la vie, de la devise et de la destination », indique Ilya Bonic.

Focus sur les Amériques

Les métropoles des États-Unis sont les plus onéreuses des Amériques : classée au premier rang du continent, New York (9e) grimpe de deux places par rapport à l’an passé. La suivent San Francisco (22e) et Los Angeles (24e), qui gagnent pour leur part respectivement quatre et trois places. Parmi les autres grandes villes étasuniennes, Chicago (32e) grappille deux places, Boston (51e) en perd quatre, et Seattle en progresse de sept. Portland (115e) et Winston-Salem (140e) restent de leur côté les villes étudiées les plus abordables pour les expatriés s’installant aux États-Unis.

Nathalie Constantin-Métral, Principal chez Mercer chargée de la compilation des résultats de l’enquête, dresse le bilan : « Dans l’ensemble, les villes américaines demeurent stables au classement, tandis que d’autres progressent légèrement du fait du mouvement du dollar américain par rapport à la majorité des autres devises du globe ».

En Amérique du Sud, les villes brésiliennes que sont São Paulo (27e) et Rio de Janeiro (56e) bondissent respectivement de 101 et 100 places, pour cause de raffermissement du real brésilien par rapport au dollar des États-Unis. Buenos Aires, capitale de l’Argentine et grand pôle financier, se hisse de son côté à la 40e place, devant Santiago (67e) et Montevideo (65e), qui gagnent quarante-et-une et cinquante-quatre places, respectivement. Les autres villes d’Amérique du Sud progressant sur la liste des destinations les plus coûteuses pour les expatriés sont Lima (104e) et La Havane (151e). En chute par rapport à sa 94ème place de l’an dernier, San José au Costa Rica (110e) connaît le recul le plus marqué dans la région en raison de l’appréciation du dollar américain par rapport au colon costaricain. Caracas (Venezuela) est quant à elle exclue du classement à cause des difficultés occasionnées par les fluctuations de sa devise : suivant le taux de change appliqué, la ville arrive en effet au sommet ou au fin fond du classement.

« Les craintes inflationnistes ont continué à faire monter certaines villes sud-américaines au classement, alors que l’affaiblissement des devises locales de certains pays de la région en a au contraire entraîné d’autres vers le bas », analyse Mme Constantin-Métral.

En hausse de trente-cinq places par rapport à l’année passée, Vancouver (107e) dépasse Toronto (119e) en devenant la métropole canadienne la plus onéreuse du classement, devant Montréal (129e) et Calgary (143e). Pointant à la 152ème place, Ottawa est de son côté la ville la plus accessible du Canada. « L’appréciation du dollar canadien est à l’origine des bonds enregistrés cette année au classement », explique Mme Constantin-Métral.

Focus sur l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique

Seules trois métropoles européennes demeurent dans les 10 premières places de la liste des villes les plus onéreuses pour les expatriés.

Parmi elles, Zurich (4e) reste la métropole européenne la plus coûteuse, devant Genève (7e) et Berne (10e). Moscou (14e) et Saint- Pétersbourg (36e) bondissent respectivement de cinquante-trois et cent seize places respectivement, sous le double effet de la forte appréciation du rouble par rapport au dollar américain et du coût des biens et des services. Dans le même temps, Londres (30e), Aberdeen (146e) et Birmingham (147e) chutent respectivement de treize, soixante-et-une et cinquante-et-une places à cause de l’affaiblissement de la livre sterling par rapport au dollar américain dans la foulée du vote du Brexit. Copenhague recule pour sa part de quatre places, passant de la 24e à la 28e. Contrairement à Oslo (46e), en progression de treize places depuis l’an dernier, Paris en perd dix-huit et se retrouve 62ème au classement.

D’autres villes d’Europe de l’Ouest perdent également du terrain, principalement en raison de la dépréciation des devises locales par rapport au dollar américain. Ainsi Vienne (78e) et Rome (80e) tombent-elles de vingt-quatre et vingt-deux places, respectivement. Les métropoles allemandes que sont Munich (98e), Francfort (117e) et Berlin (120e) chutent elles aussi au classement, tout comme Düsseldorf (122e) et Hambourg (125e).

Concernant la France, point positif pour les expatriés qui viennent vivre dans l’Hexagone puisque Paris passe cette année à la 62ème place alors qu’elle se positionnait à la 44ème place en 2016. Quant à Lyon, seconde ville française présente dans le classement, elle passe de la 132ème à la 137ème du classement.

« En dépit d’une augmentation modérée des prix dans la plupart des villes européennes, les devises européennes se sont dépréciées par rapport au dollar américain, entraînant le repli d’une majorité de métropoles d’Europe occidentale au classement », commente Mme Constantin-Métral. « À côté de cela, d’autres facteurs, comme la conjoncture économique de la zone euro, ont affecté ces villes ».

Sous l’effet de la dépréciation des devises locales par rapport au dollar américain, certaines villes d’Europe centrale et orientale, dont Prague (132e) et Budapest (176e), ont cédé du terrain, pendant que Minsk (200e) et Kiev (163e) gagnaient quatre et treize places, respectivement, malgré la stabilité des hébergements en ces lieux.

Au 17ème rang, Tel Aviv progresse de deux places par rapport à l’an passé et demeure la ville la plus chère du Moyen-Orient pour les expatriés, devant Dubaï (20e), Abu Dhabi (23e) et Riyad (52e), qui montent toutes au classement cette année. Djeddah (117e), Mascate (92e) et Doha (81e) figurent pour leur part parmi les villes les plus accessibles de la région. En queue de liste, Le Caire (183e) occupe le rang de ville la moins onéreuse de la région après avoir dégringolé de quatre-vingt-douze places depuis l’an passé suite à la forte dévaluation de sa devise locale.

« La décision de l’Égypte de laisser flotter librement sa devise en contrepartie de l’octroi d’un prêt triennal de 12 milliards d’US$ destiné à favoriser la consolidation de son économie s’est traduite par une dévaluation de la livre égyptienne de plus de 100 % par rapport au dollar américain et justifie la chute du Caire au classement », déclare Mme Constantin-Métral.

Le maintien en bonne place de plusieurs villes africaines dans l’enquête de cette année reflète le haut niveau du coût de la vie et des prix des biens pour les salariés expatriés. Luanda (1ère) se hisse tout en haut de la liste en devenant la ville la plus onéreuse pour les expatriés en Afrique et dans le monde, malgré la dépréciation de sa devise par rapport au dollar américain. Elle est suivie de Victoria (14e), N’Djaména (16e) et Kinshasa (18e). À l’autre bout du spectre, Tunis perd six places pour atterrir au 209ème rang, ce qui en fait la ville la plus abordable de la région mais aussi de toute la planète.

Focus sur l’Asie-Pacifique

Sur les dix premières villes du classement de cette année, cinq se trouvent en Asie. Hong Kong (2e) constitue la ville la plus onéreuse du fait de l’indexation de sa devise sur le dollar américain, facteur de renchérissement de l’hébergement local. Derrière ce centre financier d’envergure planétaire, on trouve Tokyo (3e), Singapour (5e), Séoul (6e) et Shanghai (8e).

« L’appréciation du yen japonais, le coût élevé des biens de consommation pour les expatriés et le dynamisme du marché du logement font monter les villes japonaises au classement », précise Mme Constantin-Métral. « À l’inverse, les villes chinoises suivent pour l’essentiel un mouvement inverse à cause de l’affaiblissement du yuan chinois par rapport au dollar américain ».

Les villes australiennes ont pour leur part fait un bond au classement mondial depuis l’an passé sous l’effet du raffermissement du dollar australien. Sydney (25e), ville la plus chère d’Australie pour les expatriés, a gagné dix-sept places, tandis que Melbourne (46e) et Perth (50e) se retrouvent respectivement vingt-cinq et dix-neuf places plus haut que l’an passé.

La ville la plus coûteuse d’Inde, Mumbai (57e), a grimpé de vingt-cinq places au classement du fait de sa croissance économique rapide, de l’inflation du panier de biens et de services et de la stabilité de la devise par rapport au dollar américain. Derrière cette ville très peuplée, viennent New Delhi (99e) et Chennai (135e), qui progressent quant à elles de trente-et-une et vingt-trois places, respectivement. Bangalore (166e) et Kolkata (184e), les moins onéreuses des villes indiennes, montent elles aussi au classement.

Ailleurs en Asie, Bangkok (67e) gagne sept places depuis l’an passé. Jakarta (88e) et Hanoï (100e) suivent la même dynamique, grimpant respectivement de cinq et six places. Enfin, Karachi (201e) et Bichkek (208e) demeurent les villes financièrement les plus abordables pour les expatriés s’établissant dans la région.

Source : Enquête Mercer sur le coût de la vie 2017

Note aux éditeurs :

Le classement est communiqué aux journalistes à des fins de consultation et ne doit pas être publié en totalité. Il est cependant permis de reproduire sous forme de tableau les dix premières places, ainsi que les dix dernières.

Les chiffres de l’enquête Mercer portant sur la comparaison des coûts de la vie et de l’hébergement sont tirés d’une enquête menée en mars 2017. Les mesures sont effectuées à partir des taux de change en vigueur à cette date et du panier international de biens et services constitué par Mercer.

Gouvernements et grandes entreprises recourent aux données de cette enquête pour protéger le pouvoir d’achat de leurs employés en partance pour l’étranger ; les frais de location d’un logement permettent d’évaluer les indemnités d’hébergement versées aux expatriés. Le choix des villes figurant dans l’enquête dépend de l’importance des demandes de données formulées à leur sujet.

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