Etude Mercer Coût de la vie – Les villes africaines, européennes et asiatiques sont les plus chères pour les expatriés

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Deux villes africaines arrivent en tête de liste des villes les plus chères pour les expatriés, selon l’enquête 2014 Mercer sur le coût de la vie. Bien que n’étant pas généralement reconnues comme des villes riches, Luanda en Angola est la ville la plus chère du monde pour la deuxième année consécutive, suivie par N’Djamena, au Tchad. Les villes asiatiques et européennes continuent de dominer le classement des villes les plus coûteuses avec Hong Kong à la 3ème place, suivie par Singapour, pendant que Tokyo chute à la 7ème place. Zurich quant à elle, a gagné 3 places pour se classer 5ème, suivie par Genève en 6ème position. Les villes françaises ont connu un bond très important dans le classement, avec notamment Paris, qui se hisse à la 27ème place.

L’enquête de Mercer, l’une des plus complètes du monde, est conçue pour aider les entreprises multinationales et les gouvernements à établir les allocations qu’ils versent aux salariés expatriés. New York est utilisée comme ville de référence, et toutes les villes sont comparées à elle. Les effets de change sont mesurés par rapport au dollar américain. L’enquête couvre 211 villes sur les 5 continents et mesure les coûts comparatifs de plus de 200 articles dans chaque ville, y compris le logement, le transport, la nourriture, les vêtements, les articles ménagers, et de divertissement.

« Les événements géopolitiques récents, ainsi que les bouleversements économiques et politiques de nombreux pays ont entraîné des fluctuations de change, une inflation locale parfois importante et la volatilité des prix de l’hébergement », a déclaré Ed Hannibal, associé et leader mondial pour l’activité mobilité internationale de Mercer. « Alors que Luanda et N’Djamena sont des villes relativement peu coûteuses, elles sont très chères pour les expatriés, puisque la plupart des biens de consommation est importée. En outre, trouver un hébergement sûr qui réponde aux normes occidentales peut être difficile et très coûteux aussi. C’est généralement pourquoi certaines villes africaines ont un classement élevé dans notre enquête ».

Les autres villes figurant dans le top 10 de Mercer des villes les plus coûteuses pour les expatriés sont Berne, Moscou et Shanghai. Karachi, classée 211, est la ville la moins chère du monde pour les expatriés. L’enquête révèle que Luanda est plus de trois fois plus chère que Karachi.

Selon M. Hannibal, « Même si les multinationales continuent de reconnaître l’importance d’avoir une main-d’œuvre mondiale, elles doivent être en mesure de contrôler et d’équilibrer le coût de leurs programmes de mobilité internationale. Les employeurs doivent évaluer l’impact des variations de change, l’inflation locale et les problèmes potentiels d’instabilité politique lors de l’envoi de salariés à l’étranger, tout en s’assurant qu’ils conservent les collaborateurs talentueux en leur offrant une rémunération concurrentielle ».

Les variations de change et l’impact de l’inflation sur les biens et services ont influé sur le coût des programmes expatriés, et donc sur le classement.

Nathalie Constantin-Métral, Principal chez Mercer en charge de l’analyse et de la construction du classement, a déclaré: « Fait intéressant, plusieurs villes ont fait un bond de la liste cette année, après une forte augmentation à la fois du coût et de la demande de l’hébergement, conjuguée à de fortes monnaies locales. Dhaka et à Nairobi (tous deux 117) et Dubaï (67) ont grimpé respectivement de 37, 30 et 23 points ».

 

Focus sur l’Amérique

Les villes aux États-Unis ont grimpé dans le classement en raison de la stabilité relative du dollar américain par rapport aux autres grandes monnaies, en plus de la baisse importante des villes dans d’autres régions. Une hausse sur le marché des logements locatifs a fait gagner 8 places à New York pour se classer 16ème, la ville la mieux classée de la région. Los Angeles (62) a grimpé de 10 places depuis l’année dernière tandis que San Francisco (74) a sauté de 8 places.

M. Hannibal a ajouté: « Même si nous avons vu les villes américaines grimper au classement cette année en partie à cause de la force du dollar, il est important de noter que les coûts relatifs changent avec la volatilité des devises. Ceux-ci sont dont plus ou moins importants selon l’évolution des taux de change ».

En Amérique du Sud, São Paolo (49) est classée comme la ville la plus chère, suivie par Rio de Janeiro (65).

Pourtant, les deux villes ont chuté de 30 et 36 places, respectivement, en raison de l’affaiblissement du real brésilien par rapport au dollar malgré la hausse du marché locatif. Buenos Aires a également chuté au classement de manière significative cette année à la 86ème place, à la suite de la dévaluation de sa monnaie, et en dépit d’une forte augmentation des prix des biens et services. Les autres villes d’Amérique du Sud qui ont baissé dans ce classement sont Santiago, Chili, moins 25 places (88) et Bogota, chutant de 38 places (98). Managua, Nicaragua (207) est la ville la moins chère en Amérique du Sud.

Le taux de change ayant un impact majeur sur le classement d’une ville, Mercer a supprimé cette année Caracas du classement en raison de la situation de taux de change multiple et complexe. Son classement aurait varié considérablement selon le taux de change sélectionné (taux de change officiel vs taux de change pratiqué localement).

Les villes canadiennes ont chuté au classement, avec en tête Vancouver qui est en baisse de 32 places (96). Toronto (101) a chuté de 33 points, tandis que Montréal (123) a diminué de 28 points. Le classement de Calgary a chuté, le classant ainsi à la 125ème place. « Le dollar canadien s’est affaibli de manière significative par rapport au dollar américain, qui représente les principaux glissements que nous avons vus dans le classement de cette année », a expliqué M. Hannibal.

 

Focus sur l’Europe, le Moyen orient et l’Afrique

Trois villes européennes restent dans le top 10 des villes les plus chères : Zurich (5), suivie de Genève (6) et Berne (8). La Suisse reste l’un des pays les plus chers pour les expatriés après la légère appréciation du franc suisse par rapport au dollar américain. Moscou (9) et Saint-Pétersbourg (35) ont chuté de 7 à 12 points, respectivement, en raison d’une forte dépréciation du rouble par rapport au dollar américain.

Dans l’ensemble, les villes d’Europe occidentale ont toutes augmenté dans le classement en raison principalement de l’appréciation des monnaies locales par rapport au dollar américain. En particulier, les villes au Royaume-Uni et l’Allemagne ont connu certaines des plus grandes progressions de cette année dans le classement, avec Glasgow (108) montée de 49 places depuis 2013, tandis qu’Aberdeen (94) et Birmingham (90) ont pris respectivement 34 et 45 points. Munich (55) a augmenté de 26 places depuis l’année dernière, Francfort (59) a bondi de 24 points, et Berlin (68) a pris 31 points par rapport à son classement précédent. Düsseldorf et Hambourg ont également monté significativement dans le classement.

Les autres villes qui ont progressé au classement sont Paris (27), 10 places par rapport à l’année dernière, Milan (30), en hausse de 11 points, Rome (31), en hausse de 16 points et de Vienne (32) jusqu’à 16 points.

En Outre-Mer, Nouméa gagne 23 places (22), Pointe à Pitre 15 places (70) et en France métropolitaine Lyon gagne 24 places (79).

Mme Constantin-Métral a expliqué: « En dépit de hausses de prix modérées dans la majorité des villes européennes, les devises européennes, légèrement renforcées face au dollar américain, ont  fait progresser la plupart des villes d’Europe occidentale au classement. Il y a eu des augmentations dans les frais d’hébergement, en raison d’une forte demande de location, qui a également eu un impact sur le classement de certaines villes européennes – cela est le cas de  Copenhague, Amsterdam et Francfort ».

La plupart des villes d’Europe centrale et orientale, cependant, ont chuté en raison de la dépréciation des monnaies locales par rapport au dollar américain. Prague (92), Almaty (111), et Minsk (191) ont chuté de 19, 16, et 4 places, respectivement.

Tel Aviv (18) continue d’être la ville la plus chère du Moyen-Orient pour les expatriés, suivie par Beyrouth (63), Dubaï (67) et Abu Dhabi (68). Jeddah, Arabie Saoudite, (175) continue de se classer comme la ville la moins chère dans la région. « Plusieurs villes du Moyen-Orient ont connu un bond dans le classement, car elles sont poussées par la baisse d’autres villes, ainsi que la forte augmentation du marché locatif pour les expatriés, notamment à Abu Dhabi et à Dubaï », a déclaré Mme Constantin-Métral.

Quelques villes africaines restent en tête du classement dans l’enquête 2014, reflétant les prix élevés des biens consommés par les expatriés. Luanda (1) reste la ville la plus chère pour les expatriés à travers l’Afrique et le monde, et Ndjamena suit à la 2ème place. Victoria, Seychelles (13) est la ville la troisième ville la plus coûteuse en Afrique, suivie par Libreville, Gabon (19). En Afrique du Sud, Cape Town (205) a chuté de 8 places dans le classement, reflétant l’affaiblissement du rand sud-africain par rapport au dollar.

 

Focus sur l’Asie Pacifique

Quatre des villes du top 10 dans le classement de cette année sont en Asie. La ville la plus chère, Hong Kong (3), a sauté de 3 places depuis l’année dernière. Singapour (4) est la deuxième ville la plus chère dans la région, en gagnant une place par rapport à l’an dernier, suivie par Tokyo, qui est classé 7ème, moins 4 places. Shanghai se place en 10ème position, suivie par Pékin (11), Séoul (14), et Shenzhen (17).

« Les villes japonaises ont chuté au classement cette année en raison de l’affaiblissement du yen par rapport au dollar américain », explique Mme Constantin-Métral. « Cependant, les villes chinoises ont bondi dans le classement, y compris Shanghai, Beijing et Shenzhen, en raison du renforcement du yuan chinois ».

Certaines villes australiennes ont subi des baisses spectaculaires au classement cette année, la monnaie locale s’étant dépréciée par rapport au dollar américain. Sydney (26), une des villes les plus chères pour les expatriés, et à Melbourne en Australie (33), ont chuté de 17 places tandis que Perth (37) a baissé de 19 points.

 Mumbai (140) est la ville la plus chère de l’Inde, suivie par New Delhi (157) et Chennai (185). Bangalore (196) et Kolkata (205) sont les villes indiennes les moins chères du classement. Ailleurs en Asie, Bangkok (88) a chuté de 22 places depuis l’année dernière. Kuala Lumpur, Malaisie, est classée 115, suivie par Jakarta en Indonésie (119), en chute de 48 places par rapport à 2013. Hanoi a gagné 3 points de classement (131). Karachi, Pakistan (211) reste la ville la moins chère de la région pour les expatriés.

Enquête Mercer coût de la vie – Classement mondial 2014
Mars Ville Pays
2013 2014
1 1 Luanda Angola
4 2 N’Djamena Tchad
6 3 Hong-Kong Hong-Kong
5 4 Singapour Singapour
8 5 Zurich Suisse
7 6 Genève Suisse
3 7 Tokyo Japon
9 8 Berne Suisse
2 9 Moscou Russie
14 10 Shanghai Chine
15 11 Pékin Chine
25 12 Londres Royaume-Uni
22 13 Victoria Seychelles
13 14 Séoul Corée du Sud
17 15 Copenhague Danemark
24 16 New York City États-Unis
29 17 Shenzhen Chine
32 18 Tel Aviv Israël
21 19 Libreville Gabon
33 20 Kinshasa République démocratique du Congo

Source: Mercer’s 2014 Cost of Living Survey

Méthodologie et points à noter :

Le classement est fourni aux journalistes à titre de référence, et ne doit pas être publié dans son intégralité. Seules les 20 premières villes peuvent être publiées.

 Les chiffres sont tirés d’une enquête menée en Mars 2014. Le taux de change de cette période et le panier international de Mercer de biens et de services ont été utilisés comme référence. Mercer produit les indices coût de vie et les barèmes logements pour chaque ville faisant l’objet d’une enquête (environ 400 dans le monde). 

Les gouvernements et les grandes entreprises utilisent les données de cette enquête de Mars dans le but d’estimer les primes permettant de garantir à leurs expatriés dans le pays d’accueil un pouvoir d’achat équivalent à celui de leur pays d’origine.

 Les données utilisées pour ce classement ne correspondent pas exactement à celles utilisées pour élaborer les packages des expatriées. En effet, ce classement prend notamment en compte le marché locatif, ce qui n’est pas le cas des indices utilisées par les grandes entreprises, celles-ci prenant en charge la plupart du temps intégralement le logement, qui n’est donc pas à la charge des salariés. Ceux-ci ne peuvent donc pas comparer les indices utilisés pour le calcul de leur rémunération avec les indices publiés dans ce communiqué de presse.