Le 24 novembre : Les Prix 2014 de la Fondation pour la Recherche Médicale mettront à l’honneur Karin Tarte, chercheuse rennaise.

Le 24 novembre : Les Prix 2014 de la Fondation pour la Recherche Médicale mettront à l’honneur Karin Tarte, chercheuse rennaise.

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Lundi 24 novembre 2014, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) remettra le PRIX FONDATION GUILLAUMAT-PIEL à Karin Tarte, directrice de l’unité de recherche U917 Inserm/Université de Rennes, à l’occasion d’une soirée organisée au Collège de France, à Paris.

Issu d’un don de Louise Guillaumat, ce Prix est destiné à soutenir des travaux de recherche biomédicale sur les maladies infantiles et ou du sang, et ou ostéoarticulaires.

Les Prix de la Fondation pour la Recherche Médicale sont l’occasion de mettre en lumière, chaque année, quelques-uns des plus grands talents de la recherche française. Créés par la Fondation pour la Recherche Médicale, ils permettent d’honorer des scientifiques remarquables, choisis par leurs pairs du Conseil scientifique, qui ont apporté une contribution majeure à l’avancée de nos connaissances ou à la mise au point de traitements innovants, d’encourager des recherches dans un domaine spécifique et de distinguer des personnalités qui ont mis leur talent au service de la vulgarisation scientifique.

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© Olivier Pasquiers / Le Bar Floréal. Photographie

Professeur des universités-praticien hospitalier, spécialisée en immunologie, Karin Tarte effectue son internat en biologie au CHU de Montpellier et obtient son doctorat d’Etat de pharmacie en 2001, date à laquelle elle intègre l’Inserm. Elle crée sa propre unité de recherche en 2003 à la Faculté de médecine de Rennes sur la thématique « Microenvironnement et cancer ».

Ses travaux visent à élucider les étapes tardives du cycle de vie des lymphocytes B. En effet, lorsque les lymphocytes B fonctionnels quittent la moelle osseuse, ils sont acheminés, via la circulation sanguine, jusqu’aux organes périphériques secondaires (rate, ganglions lymphatiques), où ils répondent aux pathogènes. Comme Claudine Schiff l’a montré dans la moelle osseuse, Karin Tarte a découvert que la niche (le microenvironnement) des lymphocytes B dans les ganglions, joue un rôle prépondérant : les cellules stromales produisent en effet des facteurs qui attirent les lymphocytes B dans les ganglions, leur permettent d’y rencontrer les antigènes étrangers puis, en réaction, de devenir des cellules productrices d’anticorps.

L’équipe de Karin Tarte se penche également sur les processus pathologiques qui mènent au lymphome folliculaire, un cancer dû à la transformation tumorale d’un lymphocyte B dans un ganglion puis à sa prolifération incontrôlée. Il se caractérise par son évolution lente. Aucun traitement ne permet à ce jour de le guérir, mais seulement de placer les patients en rémission. En cherchant à comprendre les étapes de cette cancérisation, notamment le rôle des cellules stromales, Karin Tarte espère pouvoir découvrir des cibles thérapeutiques nouvelles afin de proposer un traitement plus efficace aux patients.

Sa rencontre avec Claudine Schiff et leur expertise conjointe ont permis récemment aux deux équipes de remonter aux étapes précoces du développement du lymphome folliculaire. Elles ont ainsi établi toute l’importance du microenvironnement dans les ganglions, où les lymphocytes B accumulent les anomalies qui conduisent à la pathologie ; mais aussi dans la moelle osseuse, où certaines cellules tumorales viennent trouver une niche favorable qui leur permet de subsister à l’abri des traitements, favorisant certainement les rechutes de la maladie. En approchant pour la première fois la genèse du lymphome folliculaire, les deux chercheuses contribuent de manière essentielle aux futures avancées thérapeutiques dans cette pathologie.