21 septembre 2014 : Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer

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Objectif : collecter 1,5 millions d’euros

pour faire avancer la recherche sur la maladie d’Alzheimer

avec la Fondation pour la Recherche Médicale

 

A l’occasion de la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, le 21 septembre 2014, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) mobilise tous ses moyens de collecte pour recueillir les dons nécessaires au développement de la recherche sur la maladie d’Alzheimer. Objectif de la FRM : rassembler 1,5 millions d’euros soit environ 30 000 dons.

Avec 225 000 nouveaux cas chaque année en France, la maladie d’Alzheimer ne cesse de progresser et le nombre de personnes atteintes risque de doubler d’ici une vingtaine d’années. Pour témoigner de sa solidarité envers tous les malades et faire avancer la recherche médicale, la Fondation invite les Français à se mobiliser en faisant un don sur frm.org et/ou en postant un souvenir sur i-remember.fr.

 

www.i-remember.fr, pour afficher sa solidarité envers les malades

Pour sensibiliser les Français à la maladie d’Alzheimer, la Fondation pour la Recherche Médicale a lancé il y a quelques semaines, la plateforme www.i-remember.fr sur laquelle les internautes peuvent déposer des photos accompagnées de témoignages écrits immortalisant leurs souvenirs.

L’originalité du site étant que s’il n’est pas alimenté en souvenirs, il disparait peu à peu… quelle belle métaphore pour évoquer les 850 000 personnes touchées par la maladie d’Alzheimer en France.

A ce jour, près de 15 000 souvenirs ont déjà été déposés sur le site, accompagnés de messages personnels qui complètent la phrase : « JE ME SOUVIENS… ».

I-remember.fr a été réalisé gracieusement par CLM BBDO. Il est également possible de faire un don pour soutenir la recherche.

 

www.frm.org pour soutenir la recherche médicale

A partir de la fin août, la Fondation pour la Recherche Médicale invite le public à faire des dons sur www.frm.org pour accélérer la recherche et faire face à la progression de la maladie.

En effet, dans le monde, la maladie d’Alzheimer touche déjà plus de 25 millions de personnes. En France, on dénombre 850 000 personnes atteintes de la maladie et 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, soit 1 personne toutes les 3 minutes. Avec l’augmentation de notre espérance de vie, le nombre de personnes atteintes risque de doubler dans moins de 20 ans.
En 2020, 1 Français de plus de 65 ans sur 4 devrait être touché par la maladie.

Aujourd’hui, il y a urgence.

A ce jour, il n’existe aucun traitement pour guérir la maladie d’Alzheimer. Seuls quelques traitements pour freiner l’évolution des symptômes sont disponibles. L’origine de la maladie demeure inconnue. C’est pourquoi, plus que jamais, la Fondation pour la Recherche Médicale rappelle qu’il est essentiel de ne pas oublier la recherche et de participer au financement de travaux prometteurs et innovants.

Objectif : collecter 1,5 millions d’euros. A ce jour, la mobilisation est prometteuse puisque 300 000 euros ont déjà été recueillis.

Ces fonds permettront de développer des recherches d’excellence sélectionnées par le Conseil scientifique de la FRM sur la base des espoirs de progrès médicaux dont ils sont porteurs et sur la qualité scientifique des chercheurs impliqués. Des critères qui offrent aux donateurs l’assurance d’avoir un véritable impact sur la lutte contre la maladie d’Alzheimer.

Totalement indépendante, la Fondation agit grâce à la seule générosité de ses donateurs.
En 2013, grâce à leurs dons, la Fondation a pu financer 24 travaux de recherche de très haut niveau sur cette maladie, pour un budget de près de 2 millions d’euros. Le domaine des neurosciences arrive par ailleurs en tête de ses financements, avec 30% des attributions en 2013, soit plus de 11 millions d’euros.

 

Trois questions à Hervé Chneiweiss*, membre du Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale

 

En dix ans quels grands progrès ont été réalisés sur la maladie d’Alzheimer ?

Deux avancées majeures sont à noter. Tout d’abord on sait aujourd’hui diagnostiquer avec certitude la maladie d’Alzheimer grâce aux progrès de l’imagerie cérébrale et principalement grâce à un nouveau traceur, le PIB, qui marque spécifiquement les plaques amyloïdes, des dépôts retrouvés en excès dans le cerveau des patients atteints de la maladie. Autre découverte notable : on sait aujourd’hui qu’en luttant contre certaines maladies cardiovasculaires, comme l’hypertension artérielle, et en stimulant les fonctions cognitives, il est possible de retarder l’entrée dans la maladie d’Alzheimer.

 

La recherche est active contre la maladie. Pourquoi les traitements peinent à arriver ?

C’est le cas pour beaucoup de maladies du système nerveux. Et les raisons sont très diverses. Le système nerveux est compliqué, et les connaissances actuelles sont peut-être trop parcellaires pour comprendre la maladie dans sa globalité. Il est en plus probable que les mécanismes en jeu diffèrent suivant que la maladie est en phase d’initiation ou de progression. Les chercheurs se focalisent depuis des années sur les plaques amyloïdes, des agrégats de molécules appelées peptides amyloïdes**, que tout le monde rend responsables de la mort des neurones. Elles ne sont finalement peut-être pas en cause dans la mort neuronale, il est possible qu’elle soit plutôt due à l’inflammation observée dans le cerveau des patients ou au peptide amyloïde sous une autre forme (pas en plaques). Autre point : la maladie d’Alzheimer étant spécifique du cerveau des primates, les modèles animaux utilisés pour mieux la comprendre et tester les traitements ne sont peut-être pas adaptés. Enfin, l’hypothèse actuelle qui expliquerait pourquoi les derniers essais cliniques testant des anticorps monoclonaux dirigés contre le peptide amyloïde ont échoué est qu’on interviendrait trop tard pour traiter la maladie.

 

Quels sont les espoirs de traitement ?

Deux pistes sont prometteuses. Un essai clinique est en cours depuis un an pour tester ces mêmes anticorps monoclonaux plus précocement, chez des personnes portant une mutation génétique caractéristique de formes familiales d’Alzheimer mais ne présentant aucun symptôme de la maladie. Elles seront suivies pendant des années pour voir s’il y a des différences d’évolution entre les personnes sous traitement et sans. Une autre piste consiste à protéger les neurones, notamment en limitant l’inflammation dans le cerveau des patients. Mais il faut garder à l’esprit que la mise au point d’un médicament sera très long. Le développement d’un traitement dure entre 10 et 15 ans, et sans certitude de réussite.

 

* Hervé Chneiweiss est co-responsable de l’équipe de recherche « Plasticité Gliale et tumeurs cérébrales » et directeur du laboratoire Neurosciences Paris-Seine (Inserm/CNRS/UPMC) au sein du nouvel Institut de Biologie Paris-Seine. Il est également Président du comité d’éthique de l’Inserm.

** Peptides amyloïdes : molécules qui s’accumulent, sous forme de dépôt, dans le cerveau des patients atteints de la maladie.

 

 

Les projets financés

 

Les chercheurs ont besoin de nous pour explorer chaque nouvelle piste prometteuse et faire progresser la recherche sur la maladie d’Alzheimer. L’argent collecté dans le cadre de cette campagne permettra de financer des travaux de recherche de très grande qualité qui viennent d’être sélectionnés par le Conseil scientifique de la FRM. En voici deux exemples.

 

  • La maladie d’Alzheimer est une pathologie multifactorielle, aux origines à la fois génétiques, physiologiques et environnementales. Elle est caractérisée par la présence de lésions dans le cerveau, notamment liées à l’accumulation anormale de molécules, les peptides amyloïdes, au sein des neurones. Ces peptides toxiques sont issus de la fragmentation d’une protéine appelée APP dont on ne connaît aujourd’hui pas toutes les fonctions. Thomas Préat et son équipe « Gènes et dynamique des systèmes de mémoire » du laboratoire Plasticité du cerveau (CNRS/École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris) étudient le rôle d’APP et de ses dérivés, pour déterminer leur implication dans la phase précoce de la maladie.

 

  • Les cellules immunitaires du cerveau, ou microglies, ont un rôle ambivalent lors de la maladie d’Alzheimer : d’un côté, elles participent à l’élimination des molécules toxiques pour les neurones, les peptides amyloïdes, et, de l’autre, elles entraînent une inflammation qui favorise la destruction neuronale. Cette dualité pourrait être due à des sous-types distincts de microglies : celles présentes autour des plaques amyloïdes et celles présentes dans le reste du tissu nerveux. François Rassendren, responsable de l’équipe « Nouvelles familles de canaux ioniques » à l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier, souhaite mieux comprendre les rôles spécifiques de ces deux sous-types de microglies au cours de la maladie d’Alzheimer afin de développer une approche thérapeutique innovante pour bloquer les fonctions néfastes de ces cellules, tout en préservant leurs actions bénéfiques. Ce travail constitue un premier pas vers l’élaboration d’une thérapie ciblée de la pathologie.

 

Un résultat porteur d’espoir

 

Aujourd’hui, la recherche sur la maladie d’Alzheimer progresse et de nombreux axes soutenus par la Fondation pour la Recherche Médicale sont féconds et porteurs d’espoir :certains travaux visent par exemple à mieux comprendre comment les peptides amyloïdes s’accumulent dans le cerveau, afin de les éliminer ou d’empêcher leur formation ; d’autres portent sur les cellules de soutien qui entourent les neurones et assurent leur protection, l’idée étant à terme de développer des traitements capables de protéger les neurones et ralentir ainsi l’évolution de la maladie… Voici l’exemple d’un résultat encourageant, rendu possible grâce à la FRM.

 

Deux équipes soutenues par la FRM ont fait une découverte très prometteuse pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer, celle de Frédéric Checler à Nice et celle de Patrizia Paterlini et Mounia Chami à Paris. Elles ont montré qu’un relaxant musculaire était capable de diminuer les déficits cognitifs, chez des rongeurs modèles de la maladie d’Alzheimer, et d’abaisser la quantité de peptides amyloïdes.