22 octobre 2013 – Prix de la FRM : deux chercheurs niçois d’exception récompensés

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Eric Honore et Grégoire Savary - Prix 2013Mardi 22 octobre 2013, au Collège de France à Paris, Jacques Bouriez, Président du Conseil de surveillance de la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) remettra deux Prix à des chercheurs niçois : Eric Honoré, spécialiste des canaux ioniques, recevra le PRIX JEAN-PAUL BINET et Grégoire Savary recevra le PRIX MARIANE JOSSO pour ses travaux sur la fibrose pulmonaire idiopathique.

© Olivier Pasquiers/le bar Floréal.photographie

Depuis plus de 20 ans, les Prix de la Fondation pour la Recherche Médicale honorent les chercheurs qui font progresser notre compréhension du vivant, et qui, par leurs travaux fondamentaux ou appliqués, ouvrent des voies nouvelles dans de nombreux domaines de la santé : cancer, maladies du cerveau, maladies cardiovasculaires… Cette année, 12 chercheurs d’exception et personnalités seront récompensés. Ces Prix sont issus, pour la plupart, de la générosité de grands donateurs.

LE PRIX JEAN-PAUL BINET

Créé par Jean-Paul Binet, ce Prix est destiné à récompenser des travaux de recherche clinique ou expérimentale sur les pathologies cardiovasculaires ou sur les xénogreffes.

Docteur en biologie animale et physiologie cellulaire, directeur de recherche au CNRS, Éric Honoré est à la tête de l’équipe « Physiopathologie rénovasculaire » à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire, à Valbonne. Les nombreux Prix qu’il a déjà reçus témoignent de la portée de ses travaux. Il faut citer notamment le Prix Jansen de l’Académie nationale de médecine en 2006, le Prix « Jean Valade » de la Fondation de France en 2007 ou encore le Prix Dr Edouard Delcroix de l’Institut flamand de la mer, en 2010.

Depuis le début de sa carrière, Éric Honoré se consacre à l’étude des canaux ioniques. Ces protéines, insérées dans la membrane des cellules ou dans celle des organites cellulaires, modulent les flux d’ions entre la cellule et le milieu extérieur ou entre les différents compartiments cellulaires. Doctorant à l’Université de Lille, le chercheur étudie le rôle de certains de ces canaux dans les troubles du rythme cardiaque. Il rejoint en 1989 l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire, fondé et dirigé alors par le Pr Michel Lazdunski, figure mondiale des canaux ioniques, et intègre le CNRS en 1991. Il découvre que la tension de la membrane cellulaire module l’activité de certains canaux.

Depuis 2005, son équipe se penche sur la polykystose rénale de l’adulte. Cette maladie génétique, aujourd’hui incurable, est la plus fréquente des pathologies héréditaires du rein, touchant quelque 60 000 personnes en France. Outre le développement de nombreux kystes dans le rein et l’insuffisance rénale qui en résulte, elle se caractérise par une fragilité vasculaire qui conduit à des accidents vasculaires cérébraux.

En élucidant la fonction des protéines mutées dans la maladie, les polycystines, l’équipe d’Éric Honoré vient de franchir un pas important dans la compréhension de sa physiopathologie : les polycystines régulent un canal ionique qui détecte la pression exercée sur la cellule. En cas d’anomalie, le tonus vasculaire est affecté. En décortiquant les mécanismes moléculaires au cœur de ce baromètre cellulaire, le chercheur progresse pour, à terme, proposer une stratégie thérapeutique dans la polykystose rénale de l’adulte.

LE PRIX MARIANE JOSSO

Nathalie Josso a voulu créer ce Prix en mémoire de sa fille. Il est destiné à financer un jeune chercheur pendant les trois années de sa thèse de sciences en pneumologie.

Son DUT génie biologique obtenu à l’Institut Universitaire de Technologie de Caen, Grégoire Savary, aspirant à faire de la recherche, poursuit son cursus et obtient un Master 2 Recherche Toxicologie humaine, à l’Université Paris Descartes. Il débute aujourd’hui un doctorat à l’Université de Nice Sophia Antipolis. Ses travaux de thèse sont placés sous la double tutelle de Bernard Mari, à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire, et de Christelle Cauffiez, au sein de l’EA4483, à l’Université Lille 2.

Fil conducteur des stages de master de Grégoire Savary : l’étude moléculaire du processus de fibrose. Ce phénomène de cicatrisation pathologique implique la transformation des cellules de soutien d’un tissu (les fibroblastes) en cellules activées qui secrètent alors en excès une matrice riche en collagène. En envahissant les organes vitaux, celle-ci altère leur fonctionnement et se révèle mortelle. C’est sur le sujet de la fibrose rénale qu’il fait ses premières armes en contribuant à mettre en évidence le rôle clé de petites molécules, appelées micro-ARN, dans cette pathologie.

Il se penche aujourd’hui sur la fibrose pulmonaire idiopathique, cette maladie rare, sans traitement efficace, qui se déclare entre 60 et 70 ans et touche 13 à 20 personnes sur 100 000. Il s’agit d’une affection chronique sévère, de sombre pronostic. L’envahissement des poumons par le tissu cicatriciel provoque la destruction de l’architecture pulmonaire, ce qui aboutit à une insuffisance respiratoire. Si les causes sont encore mal connues, certains dysfonctionnements moléculaires commencent à émerger. Conjointement, les équipes de Lille et de Nice viennent en effet de montrer l’implication de plusieurs micro-ARN dans le processus pathologique. Le jeune chercheur se propose d’étudier leur rôle in vivo, chez des souris développant une fibrose pulmonaire, ainsi qu’in vitro, dans des cultures de cellules de patients. Avec un objectif, tester l’efficacité d’inhibiteurs de ces micro-ARN pour stopper la fibrose.