La FNAIR réagit au départ de Carine Camby de l’Agence de Biomédecine

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Suite à l’annonce du non renouvellement du mandat de la directrice générale de l’Agence de la biomédecine, la FNAIR souhaite saluer le travail remarquable effectué par Carine Camby depuis son arrivée à l’Etablissement français des Greffes en 2003, dans le prolongement de ce qui avait été accompli auparavant par Didier Houssin.4 664 greffes ont été réalisées en France en 2007, soit une augmentation de 27 % depuis 2003.
Le nombre de donneurs prélevés a atteint aussi un niveau jamais approché auparavant, avec 24,7 prélèvements par million d’habitants. On a noté également pour la première fois en 2007 une baisse sensible du taux de refus, qui est passé à 28 % alors qu’il se situait invariablement autour de 33% depuis une quinzaine d’année.

Ces résultats ont pu être obtenus grâce à une approche pragmatique et volontariste de la lutte contre la pénurie de greffons, mission prioritaire de l’Agence de la biomédecine, qui a su notamment tirer à profit les expériences internationales en la matière.

Parmi les nombreuses avancées positives intervenues depuis 2003, on peut citer par exemple la mise en œuvre de nouveaux dispositifs de formation des professionnels du prélèvement, le démarrage des prélèvements sur des donneurs décédés après arrêt cardiaque (qui représentent potentiellement 20% de greffes supplémentaires), l’amélioration des modalités de répartition des greffons, avec la mise en place de scores centrés sur les patients ou encore l’établissement de démarches d’évaluation de la qualité des équipes de prélèvement et de greffe.

Ces embellies incontestables ne doivent pas occulter le besoin croissant en organes à greffer, que la hausse de l’activité ne suffit pas à satisfaire, ni les situations dramatiques auxquelles nombres de malades sont toujours confrontés au quotidien : durées d’attente s’allongeant de façon déraisonnable, au détriment de leur santé, de leur vie parfois, de la qualité de la greffe à venir toujours. En 2007, 13 074 personnes ont eu besoin d’une greffe d’organes et 231 patients sont décédés faute de recevoir un greffon à temps.

Les défis qui restent à relever sont donc nombreux et les attentes des patients considérables.

La FNAIR espère donc vivement que la dynamique amorcée par Carine Camby se verra renforcée et amplifiée. En particulier, tous les efforts doivent être déployés pour améliorer l’accès à la greffe, notamment en ayant recours à de nouvelles sources de greffons. Les programmes de prélèvements sur des donneurs décédés après arrêt cardiaque doivent se développer dans les grandes villes de France. Les greffes rénales à partir de donneurs vivants restent trop peu répandues dans notre pays (8% des transplantations rénales en 2007).
Leur développement doit être favorisé, notamment en favorisant l’information et en renforçant les moyens alloués aux équipes.

L’Agence de la biomédecine doit également poursuivre et intensifier sa politique d’amélioration de la justice et de l’équité. Les inégalités d’accès aux soins dans le domaine des transplantations sont omniprésentes, et pavent le chemin des malades : difficultés d’accès à l’information, à la liste d’attente, disparités géographiques d’accès à la greffe, en terme de durées d’attente, hétérogénéité des modalités de prise en charge et de suivi, etc.

Le don d’organe représente une des expressions les plus sublimes de la fraternité, de la solidarité entre les Hommes et de la citoyenneté. La FNAIR reste vigilante et mobilisée pour que personne n’oublie jamais que les vies qui attendent d’être sauvées doivent demeurer au centre des préoccupations, en dehors de toute autre considération.