6ème édition des Grand Prix de la finance solidaire. Et les 5 lauréats 2015 sont…

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Grands Prix de la finance solidaireParis le 2 novembre 2015 – Qu’ils soient entrepreneurs oeuvrant en faveur de la transition énergétique, de la réinsertion, du développement durable, du logement social… Tous ont réussi à concrétiser leur projet grâce au soutien de la finance solidaire. C’est pour eux que Finansol et le journal Le Monde ont décidé, il y a six ans déjà, de s’unir pour récompenser ces entrepreneurs qui remettent l’homme au cœur de l’économie. Répartis en 5 catégories, voici les lauréats des Grands Prix de la finance solidaire 2015.

 

Prix ‘’Coup de cœur du public’’ (élu par les internautes parmi 4 projets proposés)

BALUCHON – A TABLE CITOYEN ou comment redonner le goût de la solidarité ?

Financements solidaires via la SIFA (Société d’Investissement de France Active)*

image 1Comment manger équilibré, local et responsable au travail, quand on n’a pas facilement accès aux bons produits et pas le temps de cuisiner ?

Depuis 2013, Baluchon – A table Citoyens, tente de répondre à cette question. Cette entreprise sociale prépare des plats cuisinés ultra-frais, à partir de produits locaux et de saison qu’elle propose aux salariés pressés d’Ile-de-France. Ainsi, pour le midi, des comptoirs sont installés dans des lieux culturels, sur le site des entreprises franciliennes ou dans des quartiers plus isolés qui manquent d’offres de restauration saine. Pour le soir, des dîners à emporter peuvent se commander en ligne et être directement livrés au bureau. Il y a même une solution pour les réunions et les réceptions sous forme de plateau-repas et prestation traiteur. Une alimentation saine, à prix juste et en circuit court, qui en plus, est solidaire !

Mais ce n’est pas tout ! Implanté dans la cité Cachin, à Romainville, en Seine-Saint-Denis, Baluchon a pour objectif de redynamiser ce quartier prioritaire. L’entreprise emploie et forme ainsi des personnes en insertion, aux différents métiers de la restauration, un secteur avec de forts besoins en recrutement.

Résultats : depuis sa création, 18 salariés en insertion ont été recrutés. Et Baluchon, qui compte aujourd’hui 32 salariés projette de créer 10 nouveaux postes en 2016.

Le concept a séduit de grands groupes comme Vinci, Orange, Europe Assistance, mais aussi des acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire et des collectivités locales. Plus de 300 entreprises proposent aujourd’hui des plats Baluchons !

Dans les années à venir, de nouveaux partenariats multiplieront les points de distribution.

En créant un lien entre entreprises, producteurs, salariés et personnel en insertion sur un même territoire, Baluchon redonne le goût de la solidarité !

* Baluchon – A Table Citoyen a bénéficié du soutien de la finance solidaire grâce à un prêt participatif de 50 000€ de France Active.

Prix ‘’Activités écologiques’’

TERRE ET HUMANISME ou comment semer les graines du changement ?

Financements solidaires via un livret de partage du Crédit Coopératif*

Image 2Culture de rente, excès d’engrais et de pesticides, dépendance au commerce extérieur… l’agriculture intensive détruit notre environnement et crée des déséquilibres alimentaires. 1 milliard d’êtres humains souffrent de la faim dans le monde, alors que nous jetons 1 quart de la nourriture avant même de la consommer ! Quelles sont les alternatives possibles à ce modèle à bout de souffle ?

Pour Terre et Humanisme, la solution réside dans l’agroécologie, une agriculture qui préserve et améliore le milieu naturel, contribue à la souveraineté alimentaire et aide à faire face aux changements climatiques. Depuis 1994, cette association, créée par Pierre Rabhi et pionnière dans le domaine de l’agroécologie, a développé :

  • des jardins pédagogiques pour sensibiliser le grand public,
  • des formations, pour transmettre les pratiques agroécologiques, qui respectent l’environnement et la biodiversité, utilisent des semences paysannes et la fertilisation organique et optimisent l’usage de l’eau,
  • des réseaux de solidarité internationale pour diffuser plus largement l’agroécologie.

Résultats ? en 2014, l’association a formé 265 animateurs et paysans en France, en Afrique de l’Ouest et au Maghreb et au Proche-Orient (à l’écran : Mali, Burkina Faso, Togo, Maroc, Tunisie puis Palestine) grâce à des associations partenaires.

Et ce n’est pas tout, puisque Terre et Humanisme compte aujourd’hui 2 000 adhérents et 17 salariés.

En militant pour la reconnaissance de l’agroécologie comme solution d’avenir et éthique de vie, Terre et Humanisme a semé les graines du changement, en ouvrant un champ d’actions pour les producteurs, les citoyens et les gouvernements qui souhaitent s’engager dans ce modèle.

* Terre et Humanisme est soutenu par la finance solidaire depuis 2008 grâce à près de 3,5 millions € de dons issus d’un livret de partage du Crédit Coopératif.

Prix ‘’Innovation sociétale’’

TERRACOOPA ou comment développer l’entrepreneuriat partagé dans les métiers liés à la terre ?

Financements solidaires via la SIFA (Société d’Investissement de France Active) et la Nef*

image3Aujourd’hui, les citoyens sont de plus en plus demandeurs d’une alimentation saine et locale. Pourtant, créer une activité agricole reste un parcours du combattant ! Comment rendre les métiers liés à la terre plus accessibles et maintenir ainsi l’activité agricole ?

Depuis 2012, Terracoopa aide les agriculteurs bios, les paysagistes et les professionnels de l’environnement à créer et développer leur activité dans le département de l’Hérault. La coopérative crée un cadre collectif et offre un tremplin à des entrepreneurs individuels :

  • Pour les agriculteurs, elle facilite ainsi l’accès à la terre et investit à leur place pour éviter leur endettement : c’est la logique de l’espace-test agricole.
  • Pour les paysagistes et les consultants en agroécologie, elle organise des regroupements pour accéder à des marchés plus importants qu’en solo.

Mais ce n’est pas tout ! Terracoopa simplifie aussi les démarches administratives, permet à ses membres de bénéficier de la dynamique d’un réseau. Mais surtout, cette coopérative offre à tous un statut sécurisé, d’abord en contrat d’appui au projet d’entreprise puis en CDI, limitant la prise de risque. Chaque membre devient alors à la fois entrepreneur, salarié et associé.

Pour faire fonctionner la coopérative, chacun apporte une contribution de 10% de son chiffre d’affaires. Les agriculteurs qui bénéficient de l’espace test apportent en plus une contribution de 1 500€ par an.

Résultats : aujourd’hui, la coopérative accompagne 27 entrepreneurs. 5 personnes passées par Terracoopa ont déjà pu pérenniser leur activité en dehors de la coopérative. Dans les années à venir, Terracoopa développera de nouveaux lieux d’activité agricole dans tout le département.

En développant l’entrepreneuriat partagé dans l’agriculture bio et les métiers liés à la nature, Terracoopa investit dans la qualité de l’environnement et dans son territoire.

* Terracoopa  a bénéficié du soutien de la finance solidaire grâce à un prêt participatif de 20 000€ de France Active et un prêt de 15 000€ de la Nef.

Prix ‘’Lutte contre l’exclusion’’

Solidarité Nouvelles face au Chômage ou comment changer le regard de la société sur la problématique de l’emploi ?

Financements solidaires via la Carac et des livrets de partage du Crédit Coopératif *

image4Le chômage est la première source de préoccupation des Français, la priorité N°1 des pouvoirs publics et le facteur principal de l’exclusion sociale. Alors, comment recréer du lien social pour faire face à cet enjeu ?

Depuis 1985, l’association Solidarités Nouvelles face au Chômage accompagne gratuitement les chercheurs d’emploi en difficulté. L’association a développé un réseau de bénévoles et les a formés pour intervenir en binômes, 1 fois par mois en moyenne, auprès des personnes en recherche d’emploi, pour les écouter, leur redonner confiance et les aider à définir un projet professionnel. L’association organise également des ateliers de préparation aux entretiens d’embauche, d’apprentissage de l’anglais ou de recherche d’emploi sur les réseaux sociaux ainsi que des activités culturelles, leviers d’intégration à la vie sociale.

Mais ce n’est pas tout ! L’association finance aussi des emplois solidaires d’un an dans des structures de l’Economie Sociale et Solidaire. Un tremplin efficace vers l’insertion professionnelle puisque la moitié des personnes accompagnées trouve un contrat en fin de mission, le plus souvent dans la même structure.

Résultat, en 2014, 3 000 chercheurs d’emploi ont été aidés dans toute la France par près de 2 000 bénévoles rassemblés en 150 groupes locaux et 62% d’entre eux ont retrouvé une formation ou un emploi.  Et 85 emplois solidaires d’un an ont été financés.

Déjà installée dans plus de 70 départements, l’association a pour objectif de couvrir toute la France d’ici 5 ans et d’essaimer à l’échelle européenne.

Solidarités Nouvelles Face au Chômage agit concrètement auprès des chercheurs d’emploi, pour changer leur regard sur eux-mêmes mais aussi celui de la société sur le chômage en luttant contre les idées reçues.

* Sans la finance solidaire, cette initiative qui ne bénéficie pas de subventions publiques, n’aurait pas pu se développer. Solidarités Nouvelles Face au Chômage a reçu des dons issus des produits de partage : 350 000€ du Crédit Coopératif et près de 46 000€ de la Carac.

Prix ‘’Entrepreneuriat dans les pays en développement’’

NUTRI’ZAZA ou comment lutter contre la malnutrition ?

Financements solidaires via la Sidi*

image5Comment lutter contre la malnutrition infantile chronique dans un pays où 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ?

Depuis 15 ans, l’ONG française GRET propose aux familles les plus démunies de Madagascar, un aliment pour prévenir la malnutrition infantile, qui touche dans ce pays, près d’un enfant sur deux et provoque des retards dans leur croissance et leur développement.

En 2013, elle créé l’entreprise sociale Nutri’zaza pour pérenniser la distribution de la Koba Aina, une céréale très nutritive élaborée à partir de produits locaux et enrichie en micro-nutriments. En sachet ou cuisinée sous forme de bouillie, la Koba Aina est vendue dans les hotelin-jazakely, des restaurants pour bébés situés dans les quartiers pauvres des villes ou directement à domicile. Vendue au prix de 7 centimes les 100 grammes, la Koba Aina est abordable et 87% des familles malgaches ont les revenus suffisants pour l’acheter.

Mais ce n’est pas tout ! Nutri’zaza forme et emploie des femmes issues de quartiers défavorisés pour assurer la distribution, sensibiliser les mères aux bonnes pratiques alimentaires et peser régulièrement les enfants pour suivre leur développement.

Résultats : depuis 2013, plus de 12,5 millions de repas ont été distribués. Aujourd’hui, Nutri’zaza emploie 80 salariés, travaille avec une quarantaine de femmes et est présent dans 23 villes de Madagascar.

D’ici à 5 ans, l’entreprise projette d’étendre son réseau de restaurants et de développer la vente à domicile dans d’autres villes afin de venir en aide à 15 000 enfants par jour contre 8 000 aujourd’hui.

En mettant les enfants à l’abri de la malnutrition, Nutri’zaza agit sur le long terme, pour leur permettre de grandir et de vivre en meilleure santé.

* Nutri’zaza a bénéficié du soutien de la finance solidaire grâce à un apport en capital de 88 000€ de la Sidi.