Cadremploi, 1er site emploi privé pour les cadres et dirigeants, divulgue pour la quatrième année consécutive les résultats de son étude sur les cadres et les langues en milieu professionnel1. Si la majorité d’entre eux juge l’anglais indispensable pour mener à bien leur carrière professionnelle, sa bonne maîtrise a souvent constitué un frein à leur évolution. Pourtant, porté notamment par la nouvelle génération qui n’hésite plus à traverser les frontières, leur niveau général tend à s’améliorer. Par ailleurs, leur usage au quotidien évolue lui aussi, particulièrement sous l’influence des nouvelles technologies qui ont envahi le domaine de la formation et qui apparaissent comme la réponse au besoin d’individualisation des programmes de formation en langues étrangères. Décryptage du rapport des cadres à l’anglais avec Cadremploi.  

L’anglais, toujours plébiscité par le monde du travail

Interrogés sur leur pratique des langues étrangères en milieu professionnel, 89 % des cadres déclarent avoir déjà utilisé au moins une langue étrangère durant leur carrière (+ 3 points par rapport à 2016). Sans surprise, l’anglais demeure celle la plus répandue (99 %) devant l’espagnol (25 %, + 5points), l’allemand (18%, + 2,5 points), l’italien (10 %, + 2,5 points) et le mandarin (2 % , +0,5 point).

Cette tendance se confirme par 97% des répondants qui estiment que la langue de Shakespeare sera bien celle la plus répandue dans la sphère de l’entreprise dans les années à venir. Pour autant, ils sont moins nombreux à penser que l’anglais sera plus utilisé qu’il ne l’est actuellement (67%, – 3 points).

Aussi, si la langue anglaise est plus que jamais un atout pour faire évoluer sa carrière ou dénicher le poste de ses rêves, il ne semble plus constituer autant qu’avant un frein à leur candidature. Ils sont en effet 49 % à déclarer aujourd’hui que le niveau linguistique demandé sur une offre ne les empêche pas de postuler (+ 12 points) et 51 % à juger que leur niveau d’anglais n’est pas un obstacle à l’embauche ou à l’évolution de leur carrière.

L’usage et la confiance en progression

Bien qu’il reste difficile à appréhender pour certains, l’usage de l’anglais semble aujourd’hui moins problématique pour les cadres : 40% d’entre eux estiment en effet le pratiquer couramment, tandis que 32% considèrent avoir un niveau « opérationnel » correspondant aux missions qui leur incombent. Cette tendance se renforce dans les entreprises comptant un nombre élevé de collaborateurs puisque 46 % des interrogés ayant un bon niveau se trouvent dans une structure de plus de 5 000 salariés.

Preuve d’une réelle évolution, 76% des répondants se sentent par ailleurs à même d’écrire un courrier ou un e-mail contre 67% en 2016. Plus à l’aise à l’écrit, ils sont toutefois 67% à déclarer oser prendre la parole dans la langue de Shakespeare (+12 points).

Cette confiance atteint cependant ses limites dans le contexte d’un entretien d’embauche ; ils sont en effet 79 % à considérer qu’ils ne seraient pas suffisamment préparés si le recruteur leur demandait de s’exprimer en anglais ; une situation pourtant récurrente puisque 76% déclarent s’être déjà retrouvés dans ce cas.

Les cadres préfèrent se former seul

Alors que 42% des personnes interrogées considèrent que leur niveau d’anglais constitue un frein à l’embauche, 50% estiment qu’une formation pourrait leur être utile. Désireux d’apprendre, 53% des cadres ayant suivi un enseignement spécifique ont d’ailleurs pris l’initiative eux-mêmes. A l’inverse, seulement 18% y ont eu recours sur recommandation de leur employeur.

Trop complexe ou méconnu, le dispositif du CPF (compte personnel de formation) mis en place depuis janvier 2015 est par ailleurs peu utilisé puisque seulement 15% déclarent avoir utilisé ce dispositif dans ce contexte.

 Isolés face à la formation, les cadres optent aujourd’hui pour un auto-apprentissage de l’anglais : 42% visionnent des séries ou des films, 24% lisent quand seulement 18% prennent des cours.

« L’anglais demeure une compétence et un atout majeur pour décrocher un emploi. Même si les Français restent à la traine contrairement à leurs voisins européens, on est loin de l’image caricaturale traditionnellement véhiculée, même s’il y a encore de réelles lacunes sur certaines populations. Néanmoins,  les nouvelles générations, de par leur plus grande mobilité et leur meilleure maîtrise des nouvelles technologies, semblent plus à l’aise que leurs aînés et davantage enclines à l’autoformation qui peut constituer une véritable solution aux besoins exprimés en matière de formation pour les langues étrangères », commente Elodie Franco Da Cruz, Chargé d’études Cadremploi.

1Méthodologie :
Enquête menée auprès de 1925 internautes de Cadremploi.fr, via un questionnaire auto-administré en ligne, du 2 au 5  avril. L’échantillon intègre des individus des 2 sexes, âgés de 18 à 65 ans, appartenant à 4 CSP distinctes (cadres, employés, professions intermédiaires, artisans), et issus des secteurs  de l’industrie, du commerce, des services et de la construction